Mai 68 à mai 2018.

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mai-68:Rue Gay-Lussac après la « grande nuit »

Mai 68, c’était Cohn-Bendit, Gesmard, Sauvageot, les pavés et la révolution. Un pays dans le coma. Plus rien ne fonctionnait. Mai 68 bousculait l’ordre établi. La chienlit quoi. J’avais 22 ans, encore l’âge normal pour la contestation et la révolte. Eh bien non. De mai 68, je n’approuvais que le 31 mai où une foule  défilait sur les Champs Élysées – près d’un million de personnes – pour siffler la fin des grandes illusions. Cinquante ans. Déjà. Ces décades anniversaires de mai 68 jalonnent nos propres parcours de vie. Enfin seulement ceux pour qui mai 68 représente un fait majeur dans la vie politique des années 60-70. Même si ces événements n’ont pas été ma tasse de thé, il me faut bien admettre qu’il y a eu un avant mai 68 et un après.

Cohn-Bendit, je viens de le voir dans une émission télé. Je dois reconnaître que si j’ai honni Dany le Rouge de Mai 68, je trouve Daniel de mai 2018, toujours flamboyant d’intelligence, excellent analyste de la situation – pensez donc il soutient Macron, c’est dire – bref , apaisé, raisonnable. Son discours réaliste sur l’Europe, depuis longtemps me le rend sympathique . Ce n’était pas gagné..

Mon mai 68, totalement à l’envers donc de la majorité bruyante (à opposer à majorité silencieuse) des français, je l’ai passé à bosser dans la boîte les volets fermés, de crainte que des « enragés » viennent faire le chambard. Ils avaient balancé un non gréviste d’une échelle dans la concession automobile voisine et blessé le brave gars. Mon Mai 68, dans ma mémoire, c’est aussi de forcer, sous les vociférations et les coups sur la tôle, une manifestation bloquant le pont Régemortes à Moulins. Bon sang qu’il était long le pont. J’allais enterrer un copain très proche, mort dans la voiture me précédant, le dimanche d’avant, au retour du match de foot. Inconscient et en colère.

Mes amis, qui me reconnaitront,  syndicalistes d’aujourd’hui, comme plein d’autres vont être surpris en lisant ces lignes…, oh ! c’était à l’époque. Cohn-Bendit a bien évolué, lui, ….. Le pendule oscille vers les extrêmes et s’arrête au centre, …, après ce n’est qu’un petit déplacement vers la  droite ou vers la gauche.

Jiheldé.

2 réflexions au sujet de « Mai 68 à mai 2018. »

  1. Souvenirs, souvenirs…Mon Mai 68..en banlieue parisienne, jeune secrétaire de 24 ans employée dans une usine travaillant exclusivement pour l’armée et son appareillage électronique !
    Lorsque je pouvais me rendre sur mon lieu de travail – plus de transports en commun –
    pas de véhicule personnel et de toute façon pratiquement plus de carburant – nous étions « terrés » dans nos bureaux, craignant, sans trop bien comprendre ce qui se passait au-dehors une attaque de ces fougueux étudiants qui cassaient tout avec leurs pavés !
    Je suis d’accord avec Jiheldé, le terrible Dany le Rouge est devenu presque sympathique,
    est-ce l’âge qui nous rend si tolérant en atténuant ces moments dantesques ? (ou bien le regret d’avoir 50 ans de plus…)

  2. Mon Mai à moi, c’était à la fac de lettres…un grand bol d’air frais entrait enfin et nous avions le rêve aux lèvres !
    Surtout les filles qui revendiquaient enfin un droit à la parole jusque là voué au silence
    Peu ont gardé la mémoire réelle de ce printemps agité, j’en conviens : de grandes avancées ont changé la situation de la France qui ronronnait médiocrement, même si ce vaste mouvement populaire n’a pas abouti à une vraie révolution
    Que Dany ait évolué ou retourné sa veste, ce n’est pour moi d’aucune importance, d’autres , beaucoup d’autres ont gardé leurs convictions et les mécontentements tous azimuts actuels en sont en partie le témoignage
    Le temps des cerises fait toujours battre mon cœur

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