Vivre l’Yonne s’est réjouie d’avoir sur Auxerre une chaudière collective.
Elle utilise actuellement de la Biomasse. Nous pensons que la Biomasse serait plus utile à nourrir nos sols que d’être brulée, même pour la bonne cause.
Nous nous autorisons à aller en ce sens car nos croyons à une solution de remplacement découverte à l’occasion des nombreuses recherches et réflexions que nous menons depuis que nous travaillons à la promotion dans l’Yonne d’une filière de recyclage des textiles usagés.
Nous proposons aux Élus d’évoluer vers un changement rapide ou progressif de combustible de notre chaudière collective auxerroise et ceci en passant de la biomasse au CSR : Combustibles Solides de Récupération .
Les CSR : Un débouché pour les textiles non réutilisables et non recyclables.
D’après le rapport de Re’Fashion (2022) :
- Les CSR sont des déchets non dangereux, non réutilisables et non recyclables, préparés pour être utilisés comme combustibles.

- Les textiles (TLC) peuvent représenter jusqu’à 40 % de la composition des CSR pour les préparateurs les plus aguerris.
- En 2021, 8,7 % des TLC triés en France ont été valorisés en CSR, soit environ 16 000 tonnes.
- Les CSR sont principalement utilisés en cimenterie (75 % en 2020), mais aussi dans des chaudières dédiées pour produire de la chaleur et/ou de l’électricité.
- Les CSR sont une alternative à l’incinération ou au stockage, avec un pouvoir calorifique inférieur (PCI) variable (entre 12 et 18 MJ/kg pour les CSR de bonne qualité, > 18 MJ/kg pour les CSR « qualité cimentière »).
→ Les textiles usagés non recyclables peuvent donc être intégrés dans les CSR et utilisés comme combustible dans des chaudières (adaptées).
Passer d’une chaudière biomasse à une chaudière CSR : faisabilité technique
Comparaison des technologies
D’après le rapport ANCRE (2018) et les arrêtés français :
- Les chaudières à lit fluidisé (utilisées pour la biomasse ou les CSR) permettent de brûler des combustibles aux pouvoirs calorifiques variés (comme les CSR) tout en assurant un rendement élevé et une température homogène.
- Les CSR peuvent être co-incinérés avec de la biomasse dans des installations adaptées, ou remplacer partiellement/totalement la biomasse si la chaudière est conçue pour accepter des combustibles hétérogènes.
- Les chaudières CSR doivent respecter des rendements énergétiques stricts :
- > 70 % pour la production de chaleur industrielle.
- > 75 % pour les réseaux de chaleur urbaine (vapeur) et > 80 % pour l’eau chaude (période hivernale).
- > 30 % pour les installations de production d’électricité (si chaleur fatale utilisée pour la préparation des CSR).
- (Source : Arrêté du 23 mai 2016)
→ Une chaudière collective conçue pour la biomasse peut techniquement être adaptée pour brûler des CSR (y compris avec des textiles), à condition de :
- Vérifier la compatibilité du PCI des CSR (minimum 12 MJ/kg, idéalement > 15 MJ/kg pour une bonne efficacité).
- Adapter le système d’alimentation (les CSR peuvent être plus hétérogènes que la biomasse).
- Respecter les normes d’émissions (température de combustion ≥ 850°C pendant 2 secondes, traitement des fumées, etc.).
- Prévoir un stockage adapté (les CSR doivent être secs et homogènes).
Avantages environnementaux et économiques
a. Avantages environnementaux
- Réduction des déchets enfouis : Les CSR permettent de détourner des textiles non recyclables des Installations de Stockage de Déchets Non Dangereux (ISDND), conformément à la loi AGEC (70 % de valorisation énergétique des déchets non recyclables d’ici 2025) et à la LTECV (réduction de 50 % des déchets stockés par rapport à 2010).
- Énergie locale et bas carbone :
- Environ 50 % de l’énergie des CSR est renouvelable (part biogénique, comme le bois ou les fibres naturelles des textiles).
- Substitution aux énergies fossiles (charbon, gaz) → réduction des émissions de CO₂ (environ 0,68 Mt/an de CO₂ évitées en 2030 selon la FNADE).
- Meilleur bilan carbone que l’incinération classique (meilleure efficacité énergétique grâce à la préparation des CSR).
- Préservation de la biomasse pour les sols :
- Comme nous le soulignons, la biomasse (bois, résidus agricoles) est plus utile pour régénérer les sols (amendement organique, lutte contre la sécheresse).
- Les CSR permettent de libérer de la biomasse pour des usages plus vertueux (agriculture, restauration des sols).
b. Avantages économiques
- Coût compétitif :
- Le prix de revient de la chaleur CSR est estimé entre 40 et 50 €/MWh (selon la taille de l’installation et les quotas CO₂).
- Comparaison avec la biomasse :
- Le coût de la biomasse a fortement augmenté (+30 à 40 % depuis 2022) en raison de la demande accrue et des tensions sur les ressources.
- Les CSR, issus de déchets, ont un coût plus stable (moins dépendant des marchés des matières premières).
- Subventions disponibles :
- L’ADEME et l’État proposent des aides à l’investissement (jusqu’à 5 €/MWh produit ou 74 €/tonne de CO₂ évitée).
- Exemple : 1 Md€ de soutien public prévu pour atteindre 10 TWh de chaleur CSR en 2030 (FNADE, 2023).
- Création d’emplois locaux : La filière CSR pourrait créer près de 2 000 emplois d’ici 2030 en France.
→ Remplacer la biomasse par des CSR dans une chaudière collective permettrait de :
✅ Réduire la pression sur les ressources en biomasse (pour les sols).
✅ Valoriser des textiles non recyclables (conformément à la hiérarchie des déchets).
✅ Bénéficier d’une énergie locale, stable et subventionnée.
✅ Réduire les émissions de CO₂ (par rapport aux énergies fossiles).
→ Les principaux freins sont surmontables avec un accompagnement technique et financier.
Études et retours d’expérience
- Projet Thermicur (groupe CTC) : Valorisation thermique de résidus de cuir (textiles) en CSR pour l’industrie.
- Pays de la Loire :
- 72 600 tonnes de CSR produites en 2024 (dont 19 % de déchets d’ameublement, proches des textiles).
- 3 sites de valorisation énergétique (2 chaudières CSR + 1 cimenterie).
- Projet à Ecommoy (72) : Usine de pellets + chaudière CSR prévue pour 2026.
- ADEME :
- Étude 2019 : Le meilleur scénario environnemental est de recycler ce qui peut l’être et de valoriser les refus en CSR pour substituer le charbon.
- Objectif 2025 : 2,5 Mt de CSR produits/an (dont 1 Mt pour les cimenteries, 1,5 Mt pour les chaudières).
→ Des projets concrets existent déjà, et la filière est en croissance.
Un engagement de Vivre l’Yonne
Notre association a le projet d’implanter une RESSOURCERIE sur l’Auxerrois. Elle recevra des quantités appréciables de textiles, qu’elle valorisera pour les revendre en « seconde main », offrant ainsi aux consommateurs la perspective d’acquérir des vêtement de qualité et propres, plutôt que de céder à la surconsommation de produits importés et de fait pas moins chers.
Notre association se sent prête, de surcroit au-delà du gisement offert par la RESSOURCERIE, à procéder à des actions :
Pourquoi cette mobilisation de Vivre l’Yonne ?
Les atouts de notre département :
– une association Vivre l’Yonne avec des partenaires disponibles pour fournir la « matière première ».
– une usine de fabrication de CSR en Bourgogne, peut-être bientôt une dans l’Yonne.
– une chaufferie collective qui pourrait évoluer d’une énergie biomasse vers une énergie CSR.
Conclusion : Oui, de passer aux CSR c’est possible, sous conditions
✅ Techniquement : Les CSR (avec textiles) peuvent remplacer la biomasse dans une chaudière collective si celle-ci est adaptée (lit fluidisé, rendement ≥ 70 %, traitement des fumées).
✅ Environnementalement : Meilleur bilan carbone que l’incinération, préservation de la biomasse pour les sols, conformité aux lois AGEC et LTECV.
✅ Économiquement : Coût compétitif (40-50 €/MWh), subventions disponibles, création d’emplois locaux
Ressources utiles :
- Rapport ANCRE 2018 sur les CSR (technologies, modèles économiques).
- Synthèse FNADE 2023 sur le modèle économique des CSR.
- Arrêté du 23 mai 2016 (règles pour les chaudières CSR).
- Filière CSR en Pays de la Loire (exemples concrets).
- Étude Re fashion
Cet article clos la série de trois que nous avons publiés autour de ce thème. Vous pouvez consulter les deux autres en cliquant sur les liens suivants : https://www.vivrelyonne.fr/actualites/la-biomasse-chauffe-auxerre-mais-il-y-a-mieux – https://www.vivrelyonne.fr/actualites/biomasse-et-si-la-priorite-etait-de-nourrir-nos-sols-plutot-que-nos-chaufferies
NOTA : nous avons été aidés par « LE CHAT Mistral AI « , l’intelligence artificielle FRANÇAISE, notamment pour les références documentaires et les chiffres .