Economie

Quand la dette coûte trop cher. La faillite ?

ARTICLE 2/3

Quand la dette coûte trop cher : le vrai risque n’est pas la faillite, c’est la perte de liberté

(Rappel de l’article 1 : la dette publique française dépasse une année de richesse nationale, et l’essentiel est qu’elle reste finançable et soutenable. C’est précisément là que le bât blesse.)

Le véritable problème : lorsque la dette coûte de plus en plus cher, c’est la perte de liberté.

Emprunter n’est pas nécessairement mauvais. Une dette peut financer une école, un hôpital, la recherche ou la transition énergétique.

La Banque de France rappelle d’ailleurs que la dette publique peut permettre de soutenir l’économie lors des périodes difficiles ou de financer temporairement des dépenses utiles pour l’avenir.

Le problème apparaît lorsque l’endettement sert principalement à financer des dépenses courantes sans créer suffisamment de richesse supplémentaire.

Il faut alors emprunter encore pour financer les dépenses précédentes. Et les intérêts deviennent eux-mêmes une dépense considérable.

Selon les prévisions de la Direction générale du Trésor, la charge de la dette de l’État pourrait atteindre environ 63,6 milliards d’euros en 2026, contre 51,8 milliards en 2025 et 44,5 milliards en 2024. C’est une évolution particulièrement préoccupante.

Chaque euro consacré au paiement des intérêts est un euro qui ne peut pas être utilisé simultanément pour financer une école, un hôpital, une politique industrielle ou une baisse d’impôt.

La hausse des taux change profondément la situation

Pendant longtemps, la France a bénéficié de taux d’intérêt relativement faibles. Mais lorsque les taux augmentent, les nouveaux emprunts deviennent plus coûteux.

Il faut cependant éviter une autre idée fausse : une hausse des taux ne fait pas immédiatement exploser le coût de toute la dette.

La dette française a une durée de vie moyenne relativement longue. Les anciennes obligations continuent donc à bénéficier de leurs conditions initiales jusqu’à leur échéance. Mais progressivement, lorsqu’elles sont refinancées, elles sont remplacées par des emprunts dont les taux peuvent être plus élevés. La hausse du coût de la dette est donc progressive.

La Direction générale du Trésor estime ainsi qu’un choc durable de +1 point de taux d’intérêt pourrait augmenter la charge d’intérêt de l’État d’environ 18 milliards d’euros au bout de cinq ans.

La dette peut-elle avoir des conséquences sociales ?

Oui. Et c’est probablement l’un des aspects les plus importants du débat.

Lorsque les dépenses d’intérêts augmentent, l’État dispose de moins de marges de manœuvre pour financer ses politiques publiques. Il peut alors être contraint de choisir entre plusieurs solutions :

  • Réduire certaines dépenses : cela peut concerner les politiques publiques, les investissements ou certaines prestations.
  • Augmenter les recettes : par des impôts, taxes ou cotisations supplémentaires.
  • Réduire le déficit progressivement : en ralentissant la progression des dépenses par rapport aux recettes.
  • Ou continuer à emprunter : mais cette dernière solution augmente à nouveau la dette.

C’est pourquoi la dette n’est pas seulement une question comptable. Elle devient une question de choix de société.

La dette peut également freiner l’économie

Une dette importante n’entraîne pas automatiquement une crise économique. Tout dépend  :

  • du niveau des taux d’intérêt ;
  • du niveau de croissance ;
  • de la confiance des investisseurs ;
  • de la structure de la dette ;
  • de la capacité du pays à augmenter ses recettes ;
  • et de l’utilisation de l’argent emprunté.

Une dette utilisée pour investir dans la recherche, l’éducation, les infrastructures ou la réindustrialisation peut contribuer à augmenter la capacité productive du pays.

À l’inverse, une dette qui finance durablement des dépenses sans accroître les capacités futures de l’économie peut devenir beaucoup plus difficile à supporter.

La question n’est donc pas seulement : « combien empruntons-nous ? » Elle est aussi : « que faisons-nous de l’argent que nous empruntons ? »

Et si les marchés perdaient confiance dans la France ?

C’est l’un des risques les plus importants.

La France emprunte sur les marchés financiers. Les investisseurs évaluent donc régulièrement la capacité du pays à rembourser ses engagements. Ils observent notamment :

  • le niveau de la dette ;
  • le déficit ;
  • la croissance ;
  • les taux d’intérêt ;
  • la stabilité politique ;
  • la capacité du gouvernement à prendre des décisions budgétaires ;
  • les perspectives économiques à long terme.

Si le risque perçu augmente, les investisseurs peuvent demander une rémunération plus importante pour prêter à la France. Cela signifie : taux plus élevés → intérêts plus importants → déficit plus important → besoin d’emprunt supplémentaire.

C’est cette possible dynamique qui inquiète les institutions chargées de surveiller les finances publiques.

La réputation financière de la France, un véritable patrimoine national

La France bénéficie encore d’une capacité importante à emprunter. Mais cette capacité n’est pas un droit illimité : elle repose notamment sur la confiance dans la signature de l’État français.

La réputation financière d’un pays peut paraître abstraite. Elle ne l’est pas.

Une bonne réputation permet d’emprunter à des conditions relativement favorables. Une réputation dégradée peut renchérir progressivement le coût du financement. Et la différence entre un taux d’intérêt raisonnable et un taux beaucoup plus élevé peut représenter des dizaines de milliards d’euros à l’échelle d’un État.

La question de la dette est donc aussi une question de souveraineté : plus un pays consacre de ressources au remboursement de ses engagements passés, moins il dispose de marges pour préparer son avenir.

Faut-il avoir peur d’une faillite de la France ?

Il faut être sérieux sans être alarmiste.

La France n’est pas un ménage et ne peut pas être comparée directement à une famille ou à une entreprise. Un État dispose d’une fiscalité, d’une économie diversifiée, d’une capacité d’emprunt et, dans le cas français, appartient à la zone euro.

La Banque de France souligne d’ailleurs que la gestion de la dette d’un État est fondamentalement différente de celle d’un ménage ou d’une entreprise.

Le danger n’est donc pas nécessairement une « faillite » brutale. Le risque le plus réaliste est plutôt celui d’une réduction progressive de la liberté de choix : moins de capacité à investir, davantage de prélèvements, moins de marge pour répondre à une crise et davantage de dépenses consacrées au financement du passé.

Si la faillite n’est pas à l’ordre du jour, la perte de liberté, elle, est déjà engagée. Que faire ? C’est l’objet du troisième et dernier volet de cette série (  ARTICLE 3/3 Quelle France voulons-nous être capables de financer demain ? Les six chantiers pour reprendre la main )  : les leviers pour retrouver une trajectoire crédible — croissance, efficacité publique, justice entre les générations.

Quelle France voulons-nous financer demain ?

ARTICLE 3/3

Quelle France voulons-nous être capables de financer demain ? Les six chantiers pour reprendre la main

 Il n’existe pas de solution miracle : aucune réponse sérieuse ne peut reposer sur une seule mesure. croissance, efficacité de l’État, investissements ciblés, justice entre les générations… Dernier volet de notre série : les pistes concrètes pour que la dette redevienne un outil au service de l’avenir, au lieu d’un poids qui contraint nos choix.

(Après avoir compris ce qu’est la dette — volet 1 — et mesuré ses conséquences sur notre économie et notre liberté de décision — volet 2 —, il nous reste à répondre à la question qui fâche : alors, quelles solutions ?)

► Première priorité : retrouver une croissance durable

La meilleure dette est celle dont le poids diminue par rapport à une économie qui progresse.

Il faut donc favoriser : l’investissement, la réindustrialisation, la recherche, l’innovation, la formation, la productivité, l’emploi, la transition énergétique et la compétitivité des entreprises françaises.

Une économie qui produit davantage crée davantage de revenus et donc davantage de recettes publiques.

► Deuxième priorité : distinguer les dépenses qui préparent l’avenir de celles qui le consomment

Toutes les dépenses publiques ne se valent pas. Il serait dangereux de considérer qu’une dépense publique est automatiquement mauvaise.

Une dépense consacrée à l’éducation, à la prévention sanitaire, à la recherche ou aux infrastructures peut produire des bénéfices pendant plusieurs décennies.

À l’inverse, certaines dépenses peuvent être nécessaires mais ne créer aucun actif ou aucune capacité productive nouvelle.

Il serait donc utile de raisonner davantage en termes de retour économique et social de la dépense publique. La question devrait être : cette dépense publique améliore-t-elle la situation de la France dans cinq, dix ou vingt ans ? Nos dirigeants ne savent plus décider à long terme.

► Troisième priorité : maîtriser la progression des dépenses publiques

Il ne s’agit pas nécessairement de « supprimer le modèle social français ». Il s’agit plutôt de se demander comment le rendre durable.

Santé, retraites, dépendance, éducation, logement, solidarité : ces politiques sont au cœur du pacte social français. Mais leur financement doit être compatible avec les ressources du pays.

Cela suppose notamment de lutter contre : les doublons administratifs, les dispositifs inefficaces, les dépenses sans évaluation, certaines complexités bureaucratiques, les fraudes lorsqu’elles sont avérées, et les politiques publiques dont le coût n’est pas proportionné aux résultats obtenus.

Faire des économies ne signifie pas nécessairement faire moins. Cela peut aussi signifier : faire mieux avec les mêmes ressources. Cela suppose du courage et savoir supporter l’impopularité.

► Quatrième priorité : élargir la base productive et fiscale

La France dispose d’un taux de prélèvements obligatoires élevé. La réponse au problème de la dette ne peut donc pas raisonnablement consister uniquement à augmenter indéfiniment les impôts.

Une autre voie consiste à élargir la richesse produite et le nombre de personnes participant à la création de cette richesse.

Davantage d’emploi signifie davantage de revenus, davantage de cotisations, davantage d’impôts sur le revenu et davantage de consommation.

La politique de la dette est donc aussi une politique de l’emploi.

► Cinquième priorité : protéger les investissements d’avenir

Une erreur serait de réduire brutalement les investissements publics pour atteindre rapidement un objectif comptable. Une telle politique pourrait diminuer les dépenses aujourd’hui tout en affaiblissant la croissance de demain.

La France doit donc distinguer : les économies qui améliorent l’efficacité de l’État et les économies qui affaiblissent les capacités futures du pays. Cette distinction est essentielle.

► Sixième priorité : accepter une règle simple

Une règle pourrait guider l’action publique : les dépenses courantes doivent être financées autant que possible par les recettes courantes.

L’emprunt devrait être prioritairement réservé aux situations exceptionnelles et aux investissements dont l’utilité future est démontrée.

Cela ne signifie pas qu’il faille interdire toute dette. Cela signifie qu’il faut éviter de faire financer indéfiniment notre fonctionnement quotidien par les générations futures.

Et les générations futures ?

C’est finalement la question politique essentielle.

La dette publique n’est pas seulement une affaire de comptables. Elle pose une question de solidarité entre générations.

Emprunter pour construire une infrastructure dont bénéficieront nos enfants peut être parfaitement légitime.

Emprunter continuellement pour financer notre consommation courante en laissant la facture aux générations suivantes pose une question différeemolago-woman-8732190nte.

Quelle France voulons-nous transmettre à nos enfants ?Une France disposant encore de moyens pour investir, protéger et décider ? Ou une France dont une part croissante des ressources sera consacrée au financement des décisions prises hier ?

La dette n’est ni bonne ni mauvaise en elle-même

Il faut finalement se méfier des deux discours extrêmes.

Dire que « toute dette est mauvaise » est faux.

Dire que « la dette n’est pas un problème puisque l’État peut toujours emprunter » est tout aussi dangereux.

La dette est un outil. Comme tout outil, son utilité dépend de l’usage que l’on en fait.

Une dette raisonnable peut accompagner une crise, financer un investissement et préparer l’avenir.

Une dette qui augmente durablement plus vite que les capacités du pays à la financer finit en revanche par réduire les marges de manœuvre de l’État.

Conclusion : la vraie question

La France ne se trouve pas face à une obligation de rembourser demain matin plusieurs milliers de milliards d’euros.

Elle se trouve face à une obligation beaucoup plus importante : rétablir progressivement une trajectoire financière crédible.

Il ne s’agit pas de paniquer. Il ne s’agit pas non plus de nier le problème. Il s’agit de regarder la réalité en face.

La France doit continuer à financer son modèle social, investir, préparer la transition écologique, soutenir l’éducation, la santé, la recherche et la sécurité. Mais elle doit simultanément retrouver la capacité de financer ces ambitions.

Cela suppose probablement un compromis national : plus de croissance, plus d’efficacité publique, des investissements mieux ciblés, une maîtrise progressive des dépenses et une attention particulière à la justice entre les générations.

La dette n’est donc pas seulement le problème du gouvernement actuel. Elle est le résultat de décennies de décisions successives. Et sa résolution prendra elle aussi plusieurs années.

La question n’est finalement pas : « qui va payer la dette ? »

La vraie question est : quelle France voulons-nous être capables de financer demain ?

C’est un débat qui mérite mieux que les slogans de nos politiques et de certains commentateurs engagés. Il mérite des faits, de la pédagogie et un véritable débat citoyen.

Vivre l’Yonne souhaite y contribuer en s’interrogeant sur ce qu’est la dette de la France.

Politiques climatiques : vers une gouvernance unifiée et ambitieuse ?

Politiques climatiques en France : vers une gouvernance unifiée et ambitieuse ?

La France, ce vieux pays de lumières et de révolutions, se trouve aujourd’hui à l’aube d’une autre métamorphose, aussi urgente qu’inéluctable. Politiques climatiquesLes étés caniculaires s’enchaînent, les rivières s’assèchent, les forêts brûlent, et les villes étouffent sous le poids de leurs propres excès. Pourtant, malgré les alertes des scientifiques, les promesses des politiques et les espoirs des citoyens, les actions peinent à suivre le rythme de l’urgence. Faut-il, une fois encore, repenser notre manière de gouverner la transition écologique ?

Ce texte se propose d’explorer, modestement, les failles des politiques actuelles, d’imaginer une gouvernance plus audacieuse, et de rappeler que chaque geste, aussi modeste soit-il, compte dans la grande équation du salut climatique. > Lire la suite

Les CSR en renfort de la biomasse.

Vivre l’Yonne s’est réjouie d’avoir sur Auxerre une chaudière collective.

Elle utilise actuellement de la Biomasse. Nous pensons que la Biomasse serait plus utile à nourrir nos sols que d’être brulée, même pour la bonne cause.chaufferie

Nous nous autorisons  à aller en ce sens car nos croyons à une solution de remplacement découverte à l’occasion des nombreuses recherches et réflexions que nous menons depuis que nous travaillons à la promotion dans l’Yonne d’une filière de recyclage des textiles usagés.

Nous proposons aux Élus d’évoluer vers un changement rapide ou progressif de combustible de notre chaudière collective auxerroise et ceci en passant de la biomasse au CSR  : Combustibles Solides de Récupération .

Les CSR : Un débouché pour les textiles non réutilisables et non recyclables.

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Le déclin de la valeur TRAVAIL

Le déclin de la valeur TRAVAIL : Les Français veulent-ils encore travailler ?

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Pixabay

Nous avons lu un livre qui nous a interpelé : « Les Français veulent -ils encore travailler » d’Anne de Guigné (*) (Éditions de l’Observatoire, 2024.). Nous en tirons cette publication.

À l’heure où les débats sur la réforme des retraites, le chômage de masse et la compétitivité de la France font rage, ce livre résonne comme un signal d’alarme sur le déclin de la valeur travail Pour Vivre l’Yonne, nous avons décrypté ses thèses et leurs implications pour notre territoire et pour la nation toute entière.

1. Le diagnostic : une France en panne de travail ?

 Un désamour croissant pour l’effort.

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Faire du social : d’abord faire de l’économie

Faire du social, c’est d’abord faire de l’économie : pourquoi la France doit retrouver le chemin de la responsabilité

La France est souventCapture d’écran 2026-03-11 183616 perçue comme le pays des droits sociaux, de la protection et de la solidarité. Pourtant, derrière cette image se cache une réalité financière préoccupante : un déficit chronique, une dette abyssale et une perte de crédibilité en Europe.Pourquoi ? Parce que faire du social sans économie solide, c’est comme construire une maison sans fondation. Il est temps de rappeler que la générosité publique ne peut exister sans rigueur économique – et que l’irresponsabilité finit toujours par se payer, surtout par les plus fragiles.

Le constat : une méconnaissance économique généralisée 

En France, l’économie est souvent perçue comme une discipline obscure, voire suspecte. « Seuls 30 % des Français se sentent à l’aise avec les notions économiques de base (Banque de France, 2023). » Pourtant, ses mécanismes sont simples : pour distribuer, il faut d’abord produire, c’est comme pour le budget de la famille. > Lire la suite

Re’vêtir, la suite

Re’vêtir, la suite

Re’vêtir, on s’en souvient, c’est le nom de la Galerie éphémère de vente de vêtements organisée par Vivre l’Yonne en collaboration avec d’autres associations : Épicerie Solidaire de l’Auxerrois, Croix Rouge, St Vincent de Paul, Amidon, Bonheur des chutes.

Vivre l’Yonne, pour vendre, a du d’abord collecter. Seuls des vêtements, propres, usagés mais de bonne qualité étaient acceptés. En contrepartie il était remis aux donateurs que nous remercions, d’une part un bon de réduction dans des commerces du centre ville (malheureusement trop peu ont joué le jeu) et d’autre part un bon de participation à notre TOMBOLA dont le lot unique  consiste en une réduction de 150 € offert par notre partenaire V T F  sur le coût d’un séjour dans l’un de ses nombreux villages vacances.Capture d’écran 2026-01-17 175327

V.T.F. offre également des conditions tarifaires privilégiées aux adhérents de Vivre l’Yonne pour leurs séjours de vacance.

Vivre l’Yonne a remis jeudi 15 janvier son lot au couple gagnant …

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Détracteurs d’Anne de Guigné

Voici les principaux arguments des détracteurs d’Anne de Guigné (syndicats, économistes keynésiens, sociologues, etc.), dont nous rapportons les avis pour nuancer son propos et offrir une vision équilibrée. Ces critiques portent sur ses analyses, ses solutions, et ses présupposés idéologiques.

 Les critiques majeures adressées à Anne de Guigné

1. Une vision trop libérale et moralisatrice du travail

Critique :
Ses détracteurs lui reprochent de réduire le problème à une question de volonté individuelle, en ignorant les structures économiques et sociales qui rendent le travail difficile ou peu attractif.

Arguments des opposants :

  • Le travail précaire n’est pas un choix :
    • Pour les syndicats (CGT, Solidaires), le problème n’est pas un « manque de volonté », mais l’absence de bons emplois. En France, 13 % des travailleurs sont en CDD, intérim ou temps partiel subi (DARES, 2025).
    • « Comment demander aux gens d’aimer leur travail quand il est mal payé, instable ou dévalorisé ? » (Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT).
    • Exemple : Un caissier de supermarché ou un livreur Uber gagnent souvent moins que le SMIC net après déduction des charges. « Le problème, ce n’est pas la paresse, c’est l’exploitation. »
  • L’État-providence n’est pas un frein, mais un filet de sécurité :
    • Les économistes keynésiens (comme Thomas Piketty ou Henri Sterdyniak) soulignent que les aides sociales stabilisent la demande et évitent des crises plus graves.
    • « Sans le chômage et le RSA, la consommation s’effondrerait, et avec elle, l’économie. » (OFCE, 2024).
    • Comparaison européenne : Les pays nordiques (Suède, Danemark) ont des dépenses sociales élevées (30 % du PIB) et un taux d’emploi supérieur à 75 % (contre 68 % en France). « La générosité sociale ne tue pas l’emploi, si elle est bien conçue. »
  • Le travail n’est pas une fin en soi :
    • Des sociologues comme Dominique Méda (« Le travail, une valeur en voie de disparition ? ») rappellent que le travail doit aussi permettre une vie épanouie.
    • « La question n’est pas ‘pourquoi les Français ne veulent-ils plus travailler ?’, mais ‘pourquoi le travail ne leur permet-il plus de vivre décemment ?’ »

2. Des données sélectives et des comparaisons biaisées

Critique :
Anne de Guigné utilise des chiffres bruts (heures travaillées, absentéisme) sans toujours les contextualiser.

Arguments des opposants :

  • Les 1 530 heures annuelles : un chiffre trompeur :
    • La France a plus de jours fériés (11) que l’Allemagne (9) ou les États-Unis (0 au niveau fédéral).
    • Les 35 heures sont souvent présentées comme un frein, mais :
      • La productivité horaire française reste supérieure à la moyenne européenne (Eurostat, 2025).
      • Les Allemands travaillent plus d’heures, mais avec plus de congés payés (30 jours contre 25 en France).
    • « Comparer les heures sans tenir compte des conditions de travail, c’est malhonnête. » (Économiste Philippe Askenazy).
  • L’absentéisme : un symptôme, pas une cause :
    • Selon l’INRS (Institut National de Recherche et de Sécurité), 40 % des arrêts maladie sont liés à des troubles musculo-squelettiques (TMS) ou du stress au travail.
    • « Plutôt que de stigmatiser les salariés, il faudrait s’attaquer aux conditions de travail déplorables dans certains secteurs. » (CFDT).
    • Exemple : Dans la logistique (Amazon, etc.), les TMS ont augmenté de 20 % depuis 2020 (Assurance Maladie).
  • Le chômage : un problème structurel, pas culturel :
    • Le taux de chômage en France (7,5 % en 2026) est inférieur à celui de l’Espagne (12 %) ou de l’Italie (9 %), mais supérieur à l’Allemagne (3 %).
    • Les économistes soulignent que cela s’explique par :
      • Un modèle de flexiséurité moins développé qu’en Allemagne (où les entreprises licencient plus facilement, mais forment aussi davantage).
      • Un manque d’investissement dans l’innovation : La France consacre 2,2 % de son PIB à la R&D (contre 3 % en Allemagne).

3. Des solutions libérales qui aggraveraient les inégalités

Critique :
Les propositions d’Anne de Guigné (baisse des charges, conditionnalité des aides, flexibilité accrue) sont accusées de favoriser les entreprises au détriment des travailleurs.

Arguments des opposants :

  • Baisser les charges = précariser les travailleurs :
    • Les syndicats rappellent que les exonérations de cotisations (comme le CICE sous Hollande) ont surtout profité aux grandes entreprises, sans créer massivement d’emplois stables.
    • « En 2023, les 1 % les plus riches possédaient 25 % du patrimoine national. Baisser les impôts des entreprises, c’est aggraver les inégalités. » (OxFam France).
  • Conditionner les aides sociales = punir les plus fragiles :
    • Des associations comme le Secours Catholique ou ATD Quart Monde dénoncent le risque de stigmatisation des pauvres.
    • Exemple : Aux États-Unis, les programmes de workfare (aides conditionnées à un emploi) ont poussé des millions de personnes vers des emplois précaires et mal payés, sans leur permettre de sortir de la pauvreté.
    • « La pauvreté n’est pas une question de motivation, mais d’opportunités. » (Martin Hirsch, ancien Haut-Commissaire aux Solidarités actives).
  • Flexibiliser le marché du travail = plus de précarité :
    • Les économistes hétérodoxes (comme Frédéric Lordon) soulignent que la flexibilité (CDD, intérim) a déjà explosé en France :
      • 1 emploi sur 5 est aujourd’hui un CDD ou un intérim (contre 1 sur 10 en 1990).
      • « Plus de flexibilité, c’est plus de précarité, pas plus d’emplois stables. »

 Les points de convergence (même entre détracteurs et Anne de Guigné)

Malgré les désaccords, certains constats font consensus :

  1. Le système éducatif doit mieux préparer au monde du travail :
    • Même la CGT reconnaît que l’orientation professionnelle est défaillante (trop théorique, pas assez liée aux besoins des entreprises).
  2. La bureaucratie étouffe les TPE/PME :
    • Les patrons de l’Yonne (via la CCI 89) se plaignent des lourdeurs administratives (ex. : délais pour créer une entreprise).
  3. Certains métiers manquent cruellement de main-d’œuvre :
    • Même les syndicats admettent que des secteurs comme le BTP ou la santé ont besoin de mieux valoriser leurs métiers (salaire, conditions de travail).

Une seconde vie pour les collants

Un seconde vie pour les vêtements et aussi pour les collants

La seconde vie  est un des leitmotivs de Vivre l’Yonne. Vivre l’Yonne, dans le cadre de Re’vêtir, sa galerie de vente éphémère  de vêtements de deuxième main,  a organisé une conférence sur la seconde vie donnée aux collants par Ecollant, la start-up auxerroise à l’origine de la découverte d’un procédé de recyclage inédit.

Les collants usagés sont souvent jetés faute de solution adaptée. Pourtant, le recyclage des collants est aujourd’hui possible. À travers cette conférence, Ecollant nous explique comment collecter et recycler les collants usagés pour leur donner une seconde vie.

Une occasion de mieux comprendre les enjeux du recyclage textile et de découvrir des solutions concrètes pour une mode plus durable et une économie circulaire.

Découvrez comment les collants usagés peuvent être recyclés en regardant la conférence vidéo d’Ecollant.

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Les riches : mieux que la taxe Zucman !

Les riches, il faut  les faire payer, certes.

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Il y a mieux que de les faire partir !. Pixabay

On entend à force de discours, cette  antienne politique :  » faire payer les riches ». Comme assez naturellement nous sommes tous pour des mesures coercitives à condition qu’elles touchent le voisin, on comprend que 68 % d’entre nous  soient partisans d’une taxation ( sondage de l’institut Cluster17 pour « Le Point »).

Vivre l’Yonne a une idée que d’aucuns trouveront saugrenue et surtout hors du champs normal de notre modeste association.

Tant pis, on se lâche, sans bien sûr trahir notre positionnement apolitique.

Au lieu d’un impôt confiscatoire qui sera contesté par une grande partie de l’Assemblée Nationale et la majorité de Sénat, nous proposons la création d’un Fonds souverain que nous appellerons le FONDS PATRIOTE. Le Fonds Patriote les  » riches foyers » auront l’obligation d’y souscrire, mais il aura beaucoup d’avantages  pour nous, pour eux, pour la France…  > Lire la suite