Vêtements usagés. Scandale.

Vêtements 2Vêtements usagés: les placards en sont pleins.

«  Pas de problème cette fois j’arrête de procrastiner, je m’y mets et je trie! Cette robe n’est plus à la mode, et zut j’ai un peu grossi, je ne rentre plus dans ce pantalon. Ce pull ne me plait pas, pourquoi l’ai-je l’acheté ?. Et cette veste avec les épaulettes, impossible à porter… » C’est bien cela que nous entendons souvent, non ?

Les vêtements usagés pourraient faire le bonheur de personnes dans le besoin; alors les sacs s’entassent, et en fin de journée, tout est rangé avec de belles piles bien faites, il y a enfin de la place pour tout, les cintres ne sont pas trop serrés et les chemises ne se froisseront pas aussitôt repassées.

Maintenant  que faire de ces vêtements usagés ?

Des containers  promettent de recycler : les vêtements en bon état seront vendus et les textiles abîmés seront réemployés (c’est ce que nous pensons). Des associations trient et revendent aussi à petits prix les pièces en bon état. Une bonne solution pour donner ce que l’on veut pas conserver, mais seulement 3%, où va le reste ?

Les containers de vêtements usagés que deviennent-ils ? …. c’est là le scandale.

Le contenu des containers est pris en charge par des associations. Seulement 3% des vêtements usagés sont revendus ou donnés en France tandis que  10% sont brûlés, 33% servent à fabriquer des isolants et 54% sont exportés dans des pays lointains, notamment africains. Découvrez une certaine réalité en cliquant : ICI

L’association Le Relais précise : « Le Relais possède trois centres de tri en Afrique : au Sénégal, à Madagascar et au Burkina Faso. Le RelaisLes fripes sont vendues aux populations locales et les bénéfices sont réinvestis dans divers projets de développement, comme des écoles, des puits. On utilise cette matière pour créer de l’emploi : pas moins de 600 emplois sont soutenus par le Relais ».

Mais en Afrique, en Amérique du sud ou ailleurs tout n’est pas aussi idyllique. Nos vêtements usagés, même s’ils approvisionnent – très partiellement – un commerce local pour le bien-être d’une population en demande, constituent aussi et trop souvent une très grave pollution terrestre comme maritime.

En voici deux exemples.

  • Au Ghana, 160 tonnes de vêtements usagés arrivent chaque jour.  Le marché de la capitale est constitué de très nombreux revendeurs de fripes. Dans la capitale Accra, au bord de l’océan, des milliers de vêtements et de chaussures invendus s’entassent, formant des dunes artificielles, certaines hautes de plus de vingt mètres. La plage est couverte de déchets textiles mélangés à des algues et des plastiques. L’océan emporte les textiles qui le polluent. Les habitants ne savent plus comment se débarrasser des invendus, ils en brûlent près de 70 tonnes par jour, des fumées toxiques se dégagent et polluent l’air qu’ils respirent. Les habitants ont des maux de tête et sont souvent malades…Regardez la réalité en vrai en cliquant ICI
  • Chaque jour, 160 tonnes de vêtements arrivent au port d’Iquique, zone franche du nord du Chili, ces vêtements sont destinés à être triés puis revendus dans les pays d’Amérique du sud. Mais face à la croissance exponentielle de la quantité de vêtements produits dans le monde – la production mondiale de vêtements a doublé entre 2000 et 2014 – le circuit est engorgé et les déchets textiles s’accroissent. À Alto Hospicio, commune de la banlieue d’Iquique, environ 39.000 tonnes de textiles sont ainsi entreposées sauvagement. Les décharges sauvages de déchets textiles grossissent à grande vitesse dans le désert d’AtacamaVérifiez le en cliquant ICI

En traitant la question des vêtement usagés, nous ne considérons que la face immergée de l’iceberg. Pour constater la pollution textile, il faudrait avoir une vision plus systémique et retenir la totalité du cycle de vie du vêtement, depuis la matière première, la fabrication …  

Combattre la pollution causés par NOS vêtements usagés ?

L’industrie textile est la 2ème industrie la plus polluante au monde et la fast-fashion produit maintenant des vêtements de mauvaise qualité prévus pour être portés 4 ou 5 fois ! 50 milliards de tee-shirts sont jetés par an ! Il faut 250 litres d’eau pour produire le coton nécessaire et un tee-shirt lui même.

Liz Ricketts, une ancienne styliste américaine, a créé, en 2009,  l’ONG « The Or Foundation » qui promeut un recyclage éthique de ces vêtements usagés, en essayant de réduire la pollution textile.

« Cela va prendre des années pour que ces vêtements se dégradent… Pendant ce temps, des microfibres nocives et toxiques sont libérées dans l’environnement. Ce que les gens doivent comprendre, c’est que ces déchets rendent visible un problème qui existe dans leur placard. Nous devons prendre nos responsabilités et changer notre mode de consommation », analyse-t-elle.

●   Jeanne L’Her, lycéenne traite le sujet en terminale, avec ses mots :

La « fast fashion » qui apparait dans les années 1980-1990 a pour objet de rendre accessible à tous « la mode à petit prix ». Mais cette mode « jetable » a des conséquences environnementales désastreuses.   « Trois solutions envisageables :

  • les entreprises font des efforts pour une mode plus responsable et lancent par exemple ce que l’on appelle des collections en utilisant des matières recyclées ou du coton biologique
  • les consommateurs évoluent dans leur comportement d’achat; sachant qu’un Français achète 9,2 kilos de textiles, il est essentiel de se diriger vers une mode éthique pour consommer moins mais mieux. C’est ce que l’on appelle la « slowfashion« .  Aujourd’hui des labels garantissant une fabrication plus responsable, doivent guider nos choix.
  • la « seconde main »constitue une alternative intéressante pour faire des économies et limiter l’impact environnemental. On peut aller dans des friperies ou des vide-dressings … , ou sur des sites de vente spécialisés : « tu ne le portes pas, vends le »

Ces propositions de Jeanne  montrent que les jeunes ont une réelle conscience du développement durable, à travers là de la pollution textile.  Si l’avenir de la planète est universel, il nous concerne tous aujourd’hui, car sinon demain nos enfants en pâtiront.

●   6 manières de recycler vos vêtements usagés à la maison.   Rien ne se perd, tout se récupère… même vos vieux t-shirts, …. Plutôt que de les condamner à moisir au fond du placard, ce site vous  livre 6 idées pour recycler vos vieux textiles dans la maison. Si vous n’avez pas l’âme d’un(e) couturier(e), vous pouvez toujours les confier à un retoucheur. A vos placards !

●  Le syndicat des déchets du centre Yonne SDCY, nous donne aussi de bons conseils sur son site web; suivons les, d’autant que plus de 50 % des vêtements usagés finissent tout simplement dans la poubelle à ordures ménagères.

La recherche travaille aussi pour obtenir des textiles naturels.

Capture
Image empruntée à R T S Ces fibres sont obtenus à partir du bananier. Lire l’article qui en traite.

Premier exemple, mais il y en a d’autres : Le bananier est apprécié pour ses fruits, mais il peut offrir des perspectives pour l’industrie textile.

En effet les tiges de bananiers ne portent qu’une seule fois des fruits avant d’être généralement brûlées après la récolte. Des chercheurs de la Haute école de Lucerne ont examiné le potentiel de leurs fibres, semblables au jute ou au lin.

Deuxième exemple. Ecollant, une start-up auxerroise veut recycler les collants féminins hors d’usage. Ecollant est une jeune entreprise créée en 2019. Installée sur le site d’Auxerre Lab, ses objectifs sont de produire des collections de mode pour les femmes 100% made in France à partir de nos propres déchets et de trouver un moyen de recycler les collants féminins. France Bleu Auxerre a consacré une émission sur Ecollant. Non seulement Ecollant recherche mais vend sa production. Nous sommes heureux de l’aider à notre manière.

Des exemples il y en a plein d’autres et surtout il y en aura plein d’autres.

Créer une filière de recyclage, artisanale, voire industrielle de proximité.

Avec une recherche ciblée, on doit réfléchir à une gestion des déchets textiles, à la fois pour favoriser leur recyclage et  éviter l’exportation une pollution textile ailleurs totalement inadmissible. Des techniques, d’effilochage, de broyage, de défribrage existent. En améliorant leur process on tendra vers un modèle économique viable, surtout si on ajoute la valorisation des bienfaits pour la planète.

Cette réflexion sur le devenir des vêtements usagés, que nous propose Catherine, notre Vice Présidente, nous conduit à reprendre sa propre conclusion : notre surconsommation est une telle cause de pollution dramatique qu’il est urgent de changer nos comportements, même si ce n’est pas facile. Nous sommes capables d’évoluer et de choisir de vivre de façon plus respectueuse de notre planète et de TOUS ses habitants !

Cette réflexion sur le devenir des vêtements usagés, que nous propose Catherine, notre Vice Présidente, conduit à sa conclusion : notre surconsommation est une telle cause de pollution dramatique qu’il est urgent de changer nos comportements, même si ce n’est pas facile. Nous sommes capables d’évoluer et de choisir de vivre de façon plus respectueuse de notre planète et de TOUS ses habitants !

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