Jeunesse : entendre la jeunesse silencieuse

Jeunes : entendre ceux qui ne manifestent pas » 

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Dessin obtenu par l’I.A.

La France est inquiète. Les adultes le sont, les familles le sont, et la jeunesse l’est peut-être davantage encore.

Comment ne pas comprendre leurs interrogations ? Quel avenir professionnel dans un monde où les métiers évoluent rapidement ? Quelle place demain dans une société bouleversée par l’intelligence artificielle ? Comment se former, trouver un emploi, se loger, construire une famille et trouver sa place dans une société dont les repères changent si vite ?

À ces questions s’ajoutent parfois un sentiment de conflit générationnel, d’abandon, une défiance envers les institutions et l’impression que les décisions concernant leur avenir sont prises sans eux.

Pourtant, notre jeunesse ne manque ni d’idées, ni d’énergie, ni de volonté. Elle a besoin de perspectives, de confiance et surtout de considération. C’est elle qui relèvera les défis de l’avenir de notre pays.

Jeunesse plurielle, pas jeunesse unique.

Les manifestations étudiantes et lycéennes expriment des inquiétudes qu’il serait irresponsable d’ignorer. Elles sont de diverses natures car la jeunesse, elle est plurielle. Les revendications relatives à l’éducation, à la formation, aux conditions de vie et à l’avenir professionnel méritent d’être entendues.

Mais attention à ne pas confondre la jeunesse avec ceux qui parlent le plus fort en son nom.

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Dessin obtenu par l’I.A.

Une minorité a d’autres objectifs : lutter contre l’ordre établi, les riches, la sélection, les institutions, la société elle-même.Cette minorité est bruyante, organisée, appuyée par des organisations dont la culture de la confrontation date d’un autre siècle. Elle occupe le micro, les tribunes, les écrans. C’est aussi cela la démocratie…

La majorité silencieuse des jeunes n’est dans aucune de ces luttes. Elle veut simplement vivre, apprendre, travailler, fonder une famille si elle le souhaite, et contribuer à un pays dont elle a envie. Et pourtant, c’est peut-être elle — surtout elle — qui a le plus à dire et à apporter pour redresser notre pays. Car elle ne veut pas casser : elle veut construire.

Le Pape a su, lors de la grande veillée des jeunes, donner un message d’espérance, rassembler des jeunes venus d’horizons très différents, croyants ou non. Souvenons nous de ce garçon issus de l’immigration venant de St Denis, athée, voulant participer à la veillée pour répondre à sa recherche personnelle ou de cette jeune musulmane n’ayant pas l’âge requis elle pour y être présente, disant au micro d’un média qu’elle ira à la messe de la Place de la Concorde pour découvrir comment les chrétiens expriment leur foi. Quelle belle leçon. Léon XIV  a parlé aux jeunes d’avenir, sans slogans. C’est une leçon à méditer : quand on adresse aux jeunes un vrai projet, ils répondent présents.

Le problème n’est pas que les jeunes se taisent, c’est peut-être qu’on ne les écoute pas.

Quand un jeune qui ne manifeste pas veut s’exprimer, quel chemin s’offre à lui ? Les canaux existants sont tenus par des organisations qui exigent l’adhésion à leur propre combat. Le jeune qui n’y adhère pas se retire. Il se tait. Et son silence est interprété comme de l’apathie, alors qu’il traduit un manque de lieux où sa parole ait une valeur en soi, sans contrepartie idéologique.

Cette situation est un gâchis démocratique. Un pays qui n’écoute que ses extrémités — celles qui cassent ou celles qui gouvernent — finit par se couper de son centre vital : la génération qui fera tourner l’économie, l’école, les hôpitaux et les communes de demain.

Jeunesse : pour lui donner la parole des pistes concrètes

Or, les jeunes demandent à être associés, à être considérés et à pouvoir contribuer aux décisions qui engagent leur avenir. Pourquoi ne pas développer de véritables espaces d’expression et de participation citoyenne ?

Vivre l’Yonne aurait voulu le faire sur le thème de la surconsommation textile; sans soutien notamment financier, cet objectif a été différé. Mais notre volonté d’œuvrer pour une « jeunesse citoyenne » demeure.

Quelques pistes méritent d’être explorées :

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    Dessin obtenu par l’I.A.

    ►promouvoir des « associations juniors ». Le dispositif Junior Association permet à des jeunes de 11 à 18 ans de créer une vraie association : ils portent leur projet eux-mêmes,  fonctionnent de façon démocratique,  sans attendre leur majorité.  Aucun adulte ne peut être membre ou représentant, à l’exception d’un accompagnant, personne ressource qui conseille sans jamais porter le projet à leur place, s’implique. Notre association Vivre l’Yonne pourrait être le support juridique, assurantiel et financier …

  • Des plateformes numériques de consultation, accessibles à tous. Sans filtre d’adhésion ni de langue de bois elles permettraient aux jeunes de faire remonter leurs préoccupations, leurs propositions et leurs projets. Il ne s’agirait pas d’un simple questionnaire, mais d’un véritable espace de dialogue dont les contributions recevraient des réponses. Ces plateformes numériques, pourraient être complétée par des rencontres physiques.

  • Créer un dialogue direct avec les décideurs.  Les élus locaux, les parlementaires, les responsables économiques et les institutions devraient pouvoir être régulièrement interpellés par des jeunes, dans des rencontres où la parole ne serait pas réservée aux représentants des organisations constituées. Il y a des expériences.

  • Un droit d’expression structuré dans les établissements scolaires. Des délégués formés à l’écoute, au dialogue et à la formulation de propositions, et des heures dédiées à la concertation sur les sujets réels : orientation, notes, conditions de travail, vie lycéenne.

  • Du mentorat et de l’accompagnement plutôt que des tracts. Associer chaque jeune qui le souhaite à un adulte référent — artisan, commerçant, enseignant, agriculteur, retraité actif — pour l’aider à construire son projet professionnel ou associatif. La réussite concrète désarme mieux le ressentiment que n’importe quel discours.

…. il peut y avoir beaucoup d’idées pour reconnaître la place de la jeunesse dans notre démocratie et lui permettre de prendre sa part de responsabilité dans la construction de notre avenir commun. Exprimez vous !

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