Lettre ouverte au Président de la République

Monsieur le Président de la République

Pour prendre le «pouls» des Français vous avez les sondages; nous, associations, apolitiques bien sûr, nous avons le ressenti des personnes autour de nous.

Nous pouvons vous confirmer par cette lettre l’inquiétude de ceux qui prennent leur «petit noir» le matin sur le zinc du café ré-ouvert et échangent les avis de toutes natures sur l’actualité et surtout ce qui fera demain leur quotidien.

Nous évoquerons deux sujets seulement, choisis parmi ceux qui émergent des discussions auxquelles on peut prendre part et nous y apportons commentaires.

La Société Civile justement, nous essayons de la promouvoir à travers l’association familiale « Vivre l’Yonne ».

Monsieur le Président, on entend trop à notre avis, évoquer un ressenti qui s’exprime par « on ne sait pas où l’on va ».

Les Français ont besoin d’être réenchantés avec un nouveau et ambitieux projet de société qui leur profite et surtout qui leur donne une nouvelle perspective, après le bouleversement sanitaire et sociétal de ce premier semestre 2020.

Deux sujets donc. Une décentralisation vraie et ce que nous appellerions une grande politique de « management environnemental »

Une grande politique de « management environnemental »

C’est le thème le plus important.

Important pour lutter pour le climat, l’environnement, le développement durable, comme pour combattre l’écologie doctrinale et politique qui faute de mieux prospère trop.

Nos compatriotes, souvent éloignés de l’idéologie écologique, aspirent fortement pourtant, de manière plus ou moins exprimée, à vivre dans une France nouvelle où aucune décision sociétale, sociale et surtout économique ne serait prise sans passer par le prisme de la considération environnementale, écologique et durable (*).

Mais ils préféreront majoritairement une écologie positive à une écologie punitive qui semble être celle qui prévaut souvent dans l’esprit des partis écologiques et également semble-il des participants à la Convention Citoyenne sur le Climat que vous avez initiée Monsieur le Président.

Une grande réflexion, comme des États Généraux sur l’économie circulaire entre autres, ne seraient-ils pas un passage vertueux, salutaire, mais surtout productif de progrès et de richesse ?

En effet, l’évolution des esprits, telle celle concernant une économie artisanale, commerciale, industrielle plus respectueuse de l’environnement, de ses salariés et de ses consommateurs, les gens y sont prêts et l’attendent implicitement. N’entendons nous pas souvent dire, et c’est nouveau : «je préfère payer plus cher pour avoir la qualité du produit fabriqué en France». Tous ne peuvent malheureusement tenir ce type de discours, faute de moyens, d’où la nécessité du volet social, parmi les nombreux angles d’attaque d’un « management environnemental ».

L’association Vivre l’Yonne envisage, à la rentrée, inviter à un colloque public en projet, la société civile représentative, des voix non engagées et compétentes sur le climat, et peut-être des participants à la Convention Citoyenne sur le Climat. Il y aura en effet nécessité d’expliquer les orientations que vous ne manquerez pas, Monsieur le Président d’impulser et de proposer très prochainement .

Une décentralisation vraie

Le mille feuille administratif cadenasse trop la décentralisation en direction des pouvoirs locaux et les Français ne supportent plus «l’État jacobin».

Les événements récents ont montré, s’il en avait été besoin, les limites de la centralisation administrative, même déconcentrée dans les départements et les régions.

La réforme territoriale de 2014 n’a pas entraîné, ni les économies attendues, ni véritablement une simplification de la prise de décision et de la conduite de projets.

Peut-être eut-il été préférable de conserver le périmètre des anciennes régions enracinées dans l’histoire, avec d’une part plus de transferts de compétences État / Régions, et d’autre part une « aspiration » progressive des prérogatives départementales à leur profit, pour faire disparaître, à terme, le département vidé ainsi de sa substance, la Communauté de Communes devenant, elle, un échelon local déterminant.

Ce type de réforme était et l’est encore, sans doute difficilement entendable politiquement, pas forcément par les citoyens d’ailleurs, mais par les Élus ceux-ci rechignant à voir disparaître le département.

Dommage.

En tous cas, il est attendu que vous preniez Monsieur le Président des initiatives sur le thème.

Ce courrier a vocation à porter le témoignage que, au delà des sondages et autres considérations, des Français approuveront une politique nouvelle, pour autant qu’elle soit ambitieuse et novatrice, sans d’ailleurs qu’il y ait besoin forcément d’un référendum. Nos Institutions représentatives sont suffisantes.

Nous vous prions d’agréer Monsieur le Président l’expression de nos respectueuses salutations.

 VIVRE L’YONNE
Association familiale

(*) Cette lettre a été écrite avant la sortie du livre d’Hubert Védrines (ancien Ministre des Affaires Étrangère « Et après ? «  qui préconise la création d’un poste attaché au Premier Ministre dont le titulaire aurait barre sur tous les Ministères et serait l’œil de l’écologie. Il s’agit de la concrétisation organisationnelle de l’idée que nous développions.

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