Le déclin de la valeur TRAVAIL

Le déclin de la valeur TRAVAIL : Les Français veulent-ils encore travailler ?

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Nous avons lu un livre qui nous a interpelé : « Les Français veulent -ils encore travailler » d’Anne de Guigné (*) (Éditions de l’Observatoire, 2024.). Nous en tirons cette publication.

À l’heure où les débats sur la réforme des retraites, le chômage de masse et la compétitivité de la France font rage, ce livre résonne comme un signal d’alarme sur le déclin de la valeur travail Pour Vivre l’Yonne, nous avons décrypté ses thèses et leurs implications pour notre territoire et pour la nation toute entière.

1. Le diagnostic : une France en panne de travail ?

 Un désamour croissant pour l’effort.

On peut pointer du doigt plusieurs symptômes inquiétants :

  • La baisse du temps de travail : Avec une moyenne annuelle de 1 530 heures travaillées par salarié (contre 1 800 en Allemagne ou aux États-Unis), la France se classe parmi les pays développés où l’on travaille le moins.

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  • L’absentéisme record : Selon l’INSEE, le taux d’absentéisme atteint 5,6 % en 2023, soit près de 12 jours par an et par salarié, un niveau deux fois supérieur à celui de l’Allemagne.
  • Le rejet des métiers pénibles : Les secteurs en tension (BTP, agriculture, restauration …) peinent à recruter, malgré des salaires attractifs. 40 % des offres d’emploi non qualifiées restent vacantes (Pôle Emploi, 2025).
  • La culture de l’assistanat : L’auteure  du livre lu pour vous,  dénonce une normalisation des aides sociales (RSA, chômage, etc.) qui, selon elle, peut décourager l’activité professionnelle. « Quand l’État fournit, pourquoi se donner la peine ? », résume-t-elle.

Les causes profondes : mentalités et système

Ce désengagement pourrait s’expliquer par :

  • Un système éducatif qui dévalorise l’effort : « On nous a appris à critiquer le travail, pas à en être fiers. » Les jeunes générations, influencées par les discours sur la « déconnexion » ou le « droit à la paresse », voient le travail comme une contrainte plutôt qu’une source d’épanouissement.

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  • Un État-providence trop généreux : La France consacre 31 % de son PIB aux dépenses sociales (OCDE, 2024), un niveau parmi les plus élevés au monde. « Quand le filet social est trop large, il devient un hamac. »
  • Un management toxique : Le manque de reconnaissance, la bureaucratie et le sentiment d’inutilité dans certaines grandes structures poussent à la démotivation.

    « Le travail n’est plus perçu comme un devoir, mais comme un mal nécessaire. Or, une société qui ne croit plus en l’effort est une société condamnée. » Anne de Guigné

2. Les conséquences désastreuses pour la France

Un déclin économique inéluctable ?
  • Perte de compétitivité : Avec une productivité en berne (-1,2 % par an depuis 2010, Banque de France), la France risque de se faire distancer par ses voisins européens.
  • Désindustrialisation accélérée : Les usines ferment, les délocalisations se multiplient. « La France ne produit plus, elle consomme. » (Anne de Guigné)
  • Endettement public : Avec une dette à 110 % du PIB (2026), le pays dépend de plus en plus des marchés financiers. « Sans croissance, comment rembourser ? »

Une cohésion sociale menacée
  • Fracture entre actifs et inactifs : Le sentiment d’injustice grandit entre ceux qui paient des impôts et ceux qui bénéficient des aides. **« Le risque ? Une guerre civile froide. »*
  • Montée des extrêmes : Le rejet du travail et des élites économiques alimente les discours populistes, comme en témoignent les scores records du RN et de LFI aux dernières élections.
  • Désertification des territoires : En Bourgogne comme ailleurs, les zones rurales se vident. **« Sans travail, pas de vie locale. »*

Un affaiblissement géopolitique
  • Perte d’influence : Une France moins productive est une France moins écoutée sur la scène internationale.
  • Dépendance accrue : À l’heure des tensions sur les chaînes d’approvisionnement (guerre en Ukraine, rivalités Chine/USA), la France pourrait devenir un pays client, dépendant des importations.

3. Que faire ? quelles  pistes ? 

 Réformer les mentalités

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    Valoriser le travail : Intégrer des modules sur l’entrepreneuriat et l’effort dès l’école.

  • Responsabiliser : Conditionner certaines aides sociales à une contrepartie active (formation, bénévolat, etc.).
  • Simplifier l’administration :Réduire la paperasserie pour les TPE/PME, qui étouffe l’initiative. 

  • Soutenir les filières d’excellence et les créer : L’Yonne a des atouts (vins, tourisme, agroalimentaire). « Misons sur nos forces ! ». L’Yonne doit imaginer de nouvelles filières d’attractivité. Vivre l’Yonne fait des propositions innovantes au conseil Départemental qui veut lui promouvoir l’attractivité du département.

 Agir politiquement

  • Réformer les retraites : Pour équilibrer le système.
  • Baisser les charges : Pour rendre le travail plus attractif que l’assistanat.
  • Investir dans la formation : Adapter les compétences aux besoins des entreprises locales.

Conclusion : Le travail, un combat pour l’avenir

« Le travail n’est pas une punition, c’est la condition de notre liberté. » (Anne de Guigné)
La France est à un carrefour. Soit elle se résigne à un déclin lent, soit elle réinvente son rapport au travail.

Et vous, chers lecteurs, que pensez-vous de ce constat ?
Partagez vos réactions en commentaires.

Anne de Guigné a des détracteurs (syndicats, économistes keynésiens, sociologues, etc.). Pour un maximum d’objectivité nous reproduisons leurs arguments contraires dont on peut prendre connaissance en cliquant ICI

 

 (*) Anne de Guigné, économiste et essayiste, dresse un portrait sans concession de la relation des Français au travail.

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