Élevage : ce qui pourrait vraiment améliorer la situation (avec ou sans Mercosur)

Le rejet du Mercosur cristallise un malaise profond dans l’élevage français.
Mais ce malaise ne date pas de cet accord, et il ne disparaîtrait pas avec son abandon.Les difficultés des éleveurs sont avant tout structurelles.
Plusieurs décisions gouvernementales, – réfléchies et négociées – pourraient améliorer concrètement la situation, indépendamment de tout traité commercial. Il faudrait du courage gouvernemental et de la responsabilité chez nos Parlementaires.
1. Assurer un revenu digne aux éleveurs
La première attente reste simple : vivre de son travail.
La loi ÉGAlim devait garantir des prix construits à partir des coûts de production. Dans les faits, son application reste incomplète.
Des exigences :
- Une application stricte de la loi, avec de vrais contrôles et sanctions, permettrait de rééquilibrer le rapport de force face à la grande distribution et aux industriels.
- Le développement de contrats pluriannuels et d’organisations de producteurs renforcerait la sécurité des revenus.
2. Alléger la pression administrative

Beaucoup d’éleveurs dénoncent moins les normes que leur instabilité et leur empilement.
Simplifier les contrôles, éviter les surtranspositions françaises et stabiliser les règles dans le temps redonneraient de la visibilité.
Une réglementation lisible et prévisible est un levier de confiance, souvent sous-estimé.
3. Redonner de la valeur à la viande française
La viande française souffre d’un déficit de reconnaissance. Il convient de mieux informer le consommateur sur l’origine, les pratiques et les signes de qualité

est essentiel. Le consommateur, il faut aussi le responsabiliser car c’est de son acte d’achat dont dépend le revenu de l’éleveur. Mais il est nécessaire d’obliger aussi à :
- un étiquetage clair de l’origine, y compris en restauration.
- une valorisation des labels, des circuits courts et des outils de transformation de proximité.
- une mobilisation de la commande publique (cantines, hôpitaux), aujourd’hui insuffisante.
4. Sécuriser les exploitations face aux aléas
Avec le climat, les maladies, la volatilité des marchés : l’élevage cumule les risques.
Aussi avoir des assurances plus accessibles, des fonds de stabilisation des revenus et des aides de trésorerie en période de crise est indispensable.
Accompagner les transitions (pâturage, herbe, pratiques extensives) par des aides concrètes, serait préférable à des contraintes normatives.
5. Rééquilibrer la politique agricole européenne
La PAC reste un levier majeur, mais Il conviendrait de mieux cibler les aides, renforcer les soutiens à l’élevage et aux zones herbagères pour permettre de consolider les espaces ruraux. Mettre en cohérence commerce, agriculture et environnement est un enjeu central.
En résumé : ce qui changerait vraiment la donne
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Ce qui apaiserait le malaise Prix rémunérateurs Stabilité des règles Reconnaissance du métier Vision de long terme |
Ce qui ne suffirait pas et que l’on risque de faire par facilité Bloquer un accord commercial Mesures ponctuelles Communication sans actes Gestion à court terme |