Mercosur : 65 ans avant.
Dans la campagne bourbonnaise, dans les années 50/60, on vivotait dans une fermette où le père était un « double actif », travailleur sur des chantiers de TPE et chargé des gros travaux de l’exploitation agricole. Où la mère de famille, avait pour seul horizon un quotidien harassant la partageant entre la charge des enfants, aimés et heureux, et le soin à porter aux animaux, quelques vaches, deux cochons, les poules, sans oublier la chèvre qui s’évadait et mangeait les fleurs du jardin, entretenues avec application.
A cette époque, si l’on avait parlé de Mercosur, on aurait pensé à un nom d’une planète, pas à un sujet de discorde comme aujourd’hui.
Des manifestations agricoles il y en avait déjà. Étaient-elles justifiées ? sûrement. Incomprises ? tout aussi sûrement. Lire : « agriculteurs en colère : une longue histoire de révoltes »
Avoir fait les moissons dans sa jeunesse, légitime t’il que le rédacteur de ces lignes veuille parler en 2026 du Mercosur. Peut-être pas, mais qu’il veuille découvrir ce que contient le Mercosur, avant de mêler sa voix aux « factieux » de tout bord qui eux en ignorent souvent les tenants et aboutissants, semble légitime. Dans le but d’informer, il avance avec le lecteur dans ses recherches et les expose dans cet article.
Mercosur : un accord entre l’U.E. et les pays du Mercosur.
Le Mercosur (Mercado Común del Sur) est un bloc commercial sud-américain composé de Brésil, Argentine, Uruguay et Paraguay (Bolivie en voie d’adhésion).
L’accord avec l’Union européenne, négocié pendant plus de 25 ans, vise à créer une vaste zone de libre-échange entre l’UE (~450 M de personnes) et Mercosur (≈270 M) — soit près de 780 M de consommateurs et 25 % du PIB mondial. ( euronews+1)
L’accord n’est pas encore ratifié car plusieurs États membres, dont la France, s’y opposent encore ou demandent des garanties supplémentaires.
Mercossur : que contient-il ?
➣ Libre-échange et barrières tarifaires
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Suppression graduelle des taxes sur la quasi-totalité des produits entre les deux zones (≈91 % des échanges). Parlement européen
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Mercosur supprimerait des droits de douane importants sur les produits industriels européens (voitures, machines, produits chimiques, médicaments).Parlement européen

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Pour l’agriculture, l’accès au marché européen est très limité ou sous quotas, avec des protections pour les productions sensibles. Trade and Economic Security
➣ Protection des produits européens, donc français
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344 indications géographiques (IGP/AOP) de produits alimentaires européens (fromages, vins, beurres, charcuteries…) seraient protégées contre les imitations au Mercosur. Trade and Economic Security
➣ Agriculture sous quotas
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Quotas précis pour certains produits sensibles :
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~99 000 t de bœuf à un droit réduit (7,5 %) — soit ≈1,3 % de la production européenne, moins que les importations actuelles. Trade and Economic Security
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180 000 t de volaille sans droits de douane. Trade and Economic Security
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Quotas supplémentaires pour miel, riz, sucre. euronews
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➣ Mesures de sauvegarde
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Des clauses permettent à l’UE de réintroduire rapidement des droits en cas de menace grave pour une filière. Trade and Economic Security
➣ Normes et standards
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L’accord n’abaisse pas les normes sanitaires, phytosanitaires ou environnementales de l’UE : tous les produits importés doivent respecter les standards européens. Trade and Economic Security
Mercosur, la vérité des chiffres pour la viande bovine

Sources : Commission européenne, ministère de l’Agriculture – ordres de grandeur annuels.
Ce graphique montre que la production française (≈ 1,4 million de tonnes) domine très largement, mais surtout que les importations actuelles (≈ 290 000 t) sont déjà significatives, sans que l’on s’en émeuve.
Le quota Mercosur (99 000 t pour toute l’U.E.pas de la France seule) apparaît comme un volume limité (même dans l’hypothèse irréaliste où tout le quota arriverait en France, cela représenterait environ un tiers des importations françaises actuelles : pas un bouleversement du marché).
Contrairement à ce que l’on nous dit, l’accord acte des normes sanitaires, phytosanitaires ou environnementales qui n’existent pas toujours actuellement. Peut-être ces normes sont à renforcer pour les aligner sur les standards français plus durs souvent que la réglementation européenne, mais il ne faut pas « jeter le bébé avec l’eau du bain ». Certes le vrai problème réside dans la capacité des moyens de contrôle de ces normes; mais là il faut s’en prendre à notre administration et pas à l’accord lui même.
Mercosur, conclusion pour l’élevage bovin:
L‘accord U.E. / Mercosur que l’on nous annonce comme une catastrophe n’en est pas une,pour le pays d’abord et pour les éleveurs qui trouvent dans cette contestation un prétexte pour exprimer un malaise profond, lui bien justifié : sentiment d’abandon, hausse des charges, revenus insuffisants, normes multiples et tatillonnes .
QUE LES AUTORITÉS DE NOTRE PAYS RÉDUISENT LES NORMES INJUSTIFIÉES IMPOSÉES AUX ÉLEVEURS ET ELLES LEUR RENDRONT PLUS SERVICE QUE DE LES ACCOMPAGNER, DANS CE REFUS DU MARCOSUR, …… PAR FACILITÉ.
Consommateurs, si la situation de nos éleveurs vous touche, privilégiez la viande française, un peu plus chère mais bien meilleure.
Mercosur, ne concerne pas que la viande bovine.
En effet, toutes les principales filières économiques sont concernées par l’accord U.E. / Mercosur et offre des opportunités avantageuses pour beaucoup de secteurs exportateurs français surtout avec la fermeture implicite du marché vers les USA en raison de la politique douanière contestable de Trump. Nous mettrons en annexe des aperçus sur les avantages du traité pour les professions agricoles, hors l’élevage, et pour le secteur industriel. Nous verrons alors qu’il faut aider nos éleveurs mais accepter le Mercosur.
Je trouve cet article bien documenté, très intéressant car il informe les lecteurs qui majoritairement sont contre cet accord,… sans savoir ce qu’il comporte. C’était mon cas. Toutefois, je me demande si c’est bien à une association telle que Vivre l’Yonne de publier ce genre d’article. Les statuts de Vivre l’Yonne pose le principe que l’association « soit hors de tout lien politique, confessionnel, syndical, ». Ne serions nous pas à la frontière du politique ?