La PMA, une épreuve
« …. je viens voir le Président de l’Udaf ( que j’étais ) et non mon patron ( que j’étais aussi ) car nous avons décidé mon mari et moi, en désespoir de cause, de
recourir à la PMA, c’est difficile et j’ai besoin d’en parler … »
C’est sans doute le plus fort témoignage de confiance reçu de toute ma vie professionnelle. En y repensant, avec émotion, c’est si loin, je veux faire partager les recherches que j’ai envie de faire aujourd’hui sur la PMA
La PMA , une épreuve : pour la maman, pour le papa… et pour la famille
De nombreux couples sont confrontés à la procréation médicalement assistée (PMA). Derrière ces trois lettres, souvent employées dans les débats publics, se cache avant tout une réalité intime : celle d’hommes et de femmes engagés dans un parcours long, exigeant et émotionnellement éprouvant, guidés par un désir profond d’enfant.
La PMA, un chemin rarement choisi, souvent subi
Pour la plupart des couples, la PMA n’est pas un projet initial. Elle s’impose après des mois, parfois des années d’attente, d’examens médicaux et de diagnostics difficiles à entendre. Infertilité inexpliquée, problèmes médicaux, traitements lourds : le parcours commence souvent par une forme de sidération, puis par la nécessité de « tenir ».
La PMA apporte une chance réelle, mais elle demande aussi beaucoup : disponibilité, patience, organisation, résistance physique et psychologique. Chaque tentative est porteuse d’espoir. Chaque échec laisse une trace.
La PMA pour la maman, un engagement du corps et de l’esprit
La femme est en première ligne du parcours médical. Traitements hormonaux, examens répétés, fatigue, effets secondaires : le corps devient un terrain médicalisé. À cela s’ajoute une charge émotionnelle importante : peur de ne pas y arriver, sentiment de culpabilité, impression de décevoir l’autre.
Dans une société où la maternité semble aller de soi, l’infertilité reste un sujet tabou. Beaucoup de femmes se sentent seules, incomprises, parfois jugées, alors même qu’elles traversent une épreuve profondément intime. Sans doute pour cela que cette collaboratrice avait voulu m’en parler, même si ma position hiérarchique me donnait pas du tout la légitimité. Mais c’est vrai qu’à l’Udaf nous étions proches des problématiques familiales , comme à Vivre l’Yonne aujourd’hui ( voir Dépression post-partum expliquée aux hommes)
La PMA pour le papa, une souffrance plus discrète
La place du père est souvent moins visible, mais tout aussi essentielle. Qu’il soit directement concerné par un problème d’infertilité ou non, l’homme vit lui aussi l’attente, les déceptions et l’angoisse. Beaucoup se sentent impuissants face à la souffrance de leur compagne.
Lorsque l’infertilité est masculine, le choc peut atteindre l’estime de soi. Par pudeur ou par souci de protéger l’autre, nombre d’hommes taisent leur peine. Pourtant, eux aussi ont besoin d’écoute et de reconnaissance.
La PMA : le couple, mis à l’épreuve mais soudé par le dialogue

La PMA bouleverse l’équilibre du couple. L’intimité peut devenir programmée, les désaccords apparaître sur la poursuite ou l’arrêt des tentatives. Les émotions ne sont pas toujours partagées au même rythme.
Parler, se dire les choses, accepter les moments de découragement est essentiel pour préserver le lien. De nombreux couples témoignent que, malgré la difficulté, ce parcours a renforcé leur solidarité et leur capacité à faire face ensemble.
La PMA : le regard des autres, entre silence et maladresses
Par crainte des jugements ou des questions intrusives, beaucoup de couples choisissent le silence. Pourtant, l’isolement peut accentuer la souffrance. Trouver une ou deux personnes de confiance, rejoindre des groupes de parole ou des associations permet souvent de se sentir moins seul.
Les débats de société autour de la PMA peuvent également raviver des blessures, en donnant le sentiment que le désir d’enfant doit encore être justifié.
La PMA, et l’enfant, au cœur de l’histoire
Les professionnels s’accordent sur l’importance de raconter à l’enfant son histoire, avec des mots simples et adaptés à son âge.Il ne s’agit pas d’entrer dans les détails médicaux, mais d’expliquer que sa naissance a été rendue possible grâce à l’aide de la médecine et, surtout, grâce à un profond désir de l’accueillir.
La PMA: ne pas rester seuls face à l’épreuve
Dans l’Yonne, comme ailleurs, les équipes médicales, les psychologues et les associations jouent un rôle essentiel. Se faire accompagner n’est pas un aveu de faiblesse, mais une manière de mieux traverser l’épreuve et de préserver l’équilibre personnel et familial.
La PMA, une réalité humaine avant tout
La PMA est une épreuve, pour la maman, pour le papa, pour le couple. Mais elle est aussi porteuse d’espoir. Derrière chaque parcours, il y a une histoire singulière, faite de courage, de patience et d’amour.
Reconnaître cette réalité, donner la parole aux familles, c’est contribuer à une société plus bienveillante et plus attentive aux chemins parfois complexes qui mènent à la parentalité.