La France se tire deux balles dans le pied

La France se tire deux balles dans le pied

D’abord avec le vote d’un budget pas à la hauteur des difficultés du pays et ensuite avec sa position sur l’accord dit du Mercosur.

En ayant sous les yeux les décisions de nos édiles politiques de tous bords, la société civile, chacun d’entre nous donc, devrait plus s’intéresser à ce qui touche notre quotidien àCapture d’écran 2026-01-25 182051 travers les décisions qu’elles prennent, ne prennent pas ou prennent mal.  Pour autant il faudrait que nous soyons mieux informés. Vivre l’Yonne tente de se documenter et modestement de faire acte de pédagogie en évitant bien sûr toute prise de position politique

Une balle dans le pied avec l’accord dit du Mercosur.

Un article de Vivre l’Yonne a déjà présenté le contenu de l’accord. Nous n’y reviendrons pas.Capture d’écran 2026-01-25 183200
Devons nous accepter de penser que nos parlementaires français et européens, nos gouvernants ont eu raison de s’opposer à cet accord pour complaire aux éleveurs qui méritent eux une vraie politique à laquelle la loi d’orientation de 2025 n’a pas répondu et non pas les vagues promesses qui leur sont faites.

Nous ne devons pas forcément soutenir nos éleveurs dans leurs revendications actuelles, justement au moment où les USA condamnent  dans les conditions que nous connaissons nos exportateurs français. Il faut rechercher de nouveaux marchés, l’accord du Mercosur en est l’occasion pour :

L’industrie automobile

Les voitures et pièces détachées européennes (dont françaises) seront exonérées de droits de douane pouvant atteindre 35 % à l’entrée dans le Mercosur, ce qui rendra les véhicules français beaucoup plus compétitifs sur place.

Renault, Peugeot, Citroën et les équipementiers automobiles français pourraient voir leurs exportations fortement augmenter, notamment vers le Brésil et l’Argentine, où la demande en véhicules est en croissance.

Le secteur des machines et équipements industriels

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En partance.                  Pixabay

Les machines, équipements électriques, appareils informatiques et téléphoniques, actuellement taxés entre 14 % et 20 %, verront leurs droits de douane supprimés. Ce secteur représente déjà 1,2 milliard d’euros d’exportations françaises vers le Mercosur.

Les pays du Mercosur cherchent à moderniser leurs infrastructures et leur industrie, ce qui ouvre des débouchés pour les fabricants français de machines-outils, d’équipements énergétiques et de technologies de production.

La chimie et la pharmacie

Les produits chimiques et pharmaceutiques, actuellement taxés jusqu’à 18 %, bénéficieront d’une suppression progressive des droits de douane. La France, forte de son industrie chimique et de ses laboratoires pharmaceutiques, pourrait renforcer ses positions sur ces marchés

Le luxe et cosmétiques

Le Brésil, en particulier, est un marché en forte croissance pour les produits de luxe et les cosmétiques. La suppression des droits de douane (jusqu’à 35 % pour certains produits) rendra les marques françaises (LVMH, L’Oréal, Chanel, etc.) plus accessibles et compétitives

L’Aéronautique

L’aéronautique française (Airbus, Dassault, Safran, Thales) bénéficiera de la baisse des droits de douane sur les avions et équipements, ainsi que de l’ouverture des marchés publics dans les infrastructures et les transports

Les vins et spiritueux

L’accord protège les indications géographiques (AOC, AOP) et supprime les droits de douane sur les vins et spiritueux. Le Brésil, qui produit peu de vin et voit sa consommation augmenter, représente un marché prometteur pour les vignobles français.

Les services (tourisme, transport, logistique, numérique, environnement)

Les entreprises françaises de services (ingénierie, conseil, logistique, tourisme) pourront accéder plus facilement aux marchés du Mercosur, où la demande en expertise et en infrastructures est forte.


Une balle dans le pied avec le vote d’un budget pas à la hauteur

La nécessité de satisfaire aux exigences des partis politiques qui ont dans leur visée leurCapture d’écran 2026-01-25 184827 futures performances aux élections municipales a conduit le gouvernement à transiger en abandonnant l’objectif de réduire significativement le montant de la dette colossale  du pays.

Le budget 2026  s’articule autour de trois objectifs principaux :

  • financer les priorités stratégiques (transition énergétique, souveraineté industrielle, innovation),
  • préserver le modèle social, et
  • restaurer des marges de manœuvre budgétaires, mais on l’a dit de manière insuffisante

Les fondamentaux de ce budget reposent  sur,

  • une progression des recettes (+2,5 %, soit +16,3 Md€) et
  • une limitation de la hausse des dépenses (+1,6 %, soit +10,8 Md€).
  • Un effort fiscal supplémentaire de 6,5 Md€ est demandé aux contribuables les plus aisés et aux entreprises

 Dans une approche ambitieuse on aurait pu s’attendre à

  • Une réforme structurelle des dépenses : Une forte diminution des dépenses publiques (train de vie de l’État, efficacité des politiques publiques) .

Mais ce n’est pas le cas

  • Un indexation ciblée des prestations : Plutôt qu’une non-indexation généralisée qui favorisent les plus aisés, une indexation partielle ou ciblée sur les ménages les plus modestes aurait limité l’impact social tout en réalisant des économies.

Mais ce n’est pas le cas

  • Investissements productifs : un recentrage plus marqué sur les investissements à fort retour économique (formation, Recherche et Développement, innovation ….infrastructures) aurait pu soutenir la croissance potentielle et freiner la fuite de nos starts-up

Mais ce n’est pas le cas

L’effort fiscal supplémentaire de 6,5 milliards d’euros pour les entreprises et les « riches »

Il  flatte notre souci de justice fiscale, mais n’aura t’il pas des conséquences négatives ?

1/ Considérant les entreprises il  réduira leur marge bénéficiaire, surtout pour celles déjà soumises à une forte pression concurrentielle internationale. Cela freinera l’investissement, l’innovation ou l’embauche, voire incitera certaines à délocaliser une partie de leur activité ou à optimiser fiscalement leur implantation . Bien sûr les petites entreprises ne sont pas visées directement par cette fiscalité, mais parce qu’elles sont très souvent  en sous traitance des gros donneurs d’ordre touchés eux par l’effort fiscal, elles peuvent être victimes d’un  ruissellement négatif. On parle là de nos emplois.

Est-ce une bonne décision ?

2/ concernant les ménages les plus aisés, ils n’ont pas attendus pour réduire leur exposition fiscale via des montages légaux (expatriation, placement dans des véhicules fiscaux avantageux, etc.), ce qui limitera le rendement effectif de la mesure. Mais cela pourrait réduire leur capacité d’épargne ou d’investissement (immobilier, marché financier, création d’entreprise).

Est-ce une bonne décision ?

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