Crimes sexuels sur enfants : Brisons le silence, sauvez les enfants
Assez de silences ! Assez de complicités ! Assez de vies brisées !
Chaque jour, en France, des enfants subissent des violences sexuelles dans leur famille, à l’école, dans leur club de sport, leur paroisse, ou leur foyer.
Et chaque jour, des adultes ferment les yeux, étouffent les cris, protègent les bourreaux plutôt que les victimes. L’omerta tue. Elle tue l’enfance, elle tue l’innocence, elle tue parfois même les victimes, qui se suicident par milliers après des années de souffrance indicible.
Dans l’Yonne, comme partout ailleurs, ce fléau a laissé des traces profondes. Nous ne devrions pas nous taire et au contraire secouer les consciences endormies. Parce qu’un enfant violé, c’est une société qui se meurt.
1. L’omerta : le crime des complices
Un système de silence qui tue
L’omerta n’est pas une fatalité. C’est un choix. Le choix de protéger les institutions plutôt que les enfants. Le choix de préserver les apparences plutôt que de sauver des vies. Et ce choix, il se fait partout :
- Dans les écoles, où des enseignants, des directeurs, des évêques savent et se taisent. En mars 2025, des victimes de l’enseignement catholique ont dénoncé devant l’Assemblée nationale « l’omerta de l’Église et de l’État ». « L’omerta, c’est le modus operandi de toutes les écoles privées catholiques : il ne faut pas porter atteinte à la réputation de l’école », a témoigné Constance Bertrand, victime de violences à l’Institution Saint-Dominique de Neuilly-sur-Seine. Mais de quoi parle-t-on ? De la réputation d’une école ou de la vie d’un enfant ? []2
- Dans les clubs sportifs, où des entraîneurs abusent de leur autorité sur des mineurs, tandis que les fédérations ferment les yeux. Le Sénat a souligné que « le poids de l’institution peut entraîner une forme d’omerta qui fera obstacle à la révélation des faits ». Combien de champions, de sportifs en herbe, ont été brisés par des prédateurs protégés par leur statut ? []0
- Dans les familles, où des oncles, des pères, des grands-pères abusent de leur pouvoir, tandis que les mères, les frères et sœurs, les voisins détournent le regard. Par peur ? Par honte ? Par lâcheté ?
- Dans les institutions, où l’État lui-même a été accusé de « dysfonctionnements » ayant permis à des adultes de violenter des enfants pendant des années. En juillet 2025, un rapport parlementaire a pointé du doigt « l’omerta dans le traitement des violences scolaires », dans le public comme dans le privé. Où est la protection de l’enfance ? Où est la justice ? []7
Le silence, c’est la complicité
En février 2026, 73 parents du 7e arrondissement de Paris ont déposé une plainte contre X pour briser le silence autour des violences périscolaires. « Aujourd’hui, on a des éléments extrêmement tangibles qui nous font penser que des signalements ont été dissimulés », a déclaré leur avocat, Me Florian Lastelle. Combien de signalements ont été enterrés ? Combien de vies ont été sacrifiées sur l’autel du silence ? []3
« Le silence, c’est le premier allié du prédateur. »
Nous devons tous devenir des lanceurs d’alerte. Parce qu’un enfant qui parle, c’est un enfant qui peut être sauvé. Et un adulte qui écoute, c’est un adulte qui peut changer le cours des choses.
L’inceste : le crime le plus tabou, le plus destructeur
La loi Marie-Louise Fort : une avancée, mais pas assez
L’Yonne a eu une députée, Marie-Louise Fort, qui a porté une loi historique pour reconnaître l’inceste dans le code pénal. Grâce à elle, l’inceste est enfin nommé, enfin puni. Mais est-ce suffisant ?
- 1 Français sur 10 serait victime d’inceste. 1 sur 10 ! Et pourtant, combien osent en parler ? Combien sont crues ? Combien obtiennent justice ? []13
- Les victimes mettent 20, 30, 40 ans à briser le silence. 40 ans de souffrance, 40 ans de honte, 40 ans de solitude.
- Plus de 50 % des victimes d’inceste tentent de se suicider. 50 % ! Et combien y parviennent ? Combien de vies brisées, de familles détruites, de destins volés ? []38
« La famille, espace de protection et d’amour, devient dans un climat incestueux le lieu du martyr de l’enfant. » — Marie-Louise Fort.
Les coupables sont parmi nous
- Olivier Duhamel, politologue, ex-directeur de Sciences Po, accusé par sa belle-fille Camille Kouchner d’avoir violé son frère jumeau pendant des années. Un homme respecté, un intellectuel, un prédateur. Et combien d’autres comme lui, protégés par leur statut, leur réseau, leur réputation ?
- Gabriel Matzneff, écrivain, qui a abusé de Vanessa Springora à partir de ses 14 ans, et l’a écrit sans remords dans ses journaux. Un monstre .
- Frédéric Mitterrand, neveu de l’ancien président, qui a évoqué dans son livre La Mauvaise Vie des relations avec de jeunes hommes en Thaïlande. Un homme de pouvoir, un homme de culture, un homme qui a bénéficié de l’impunité.
Ces hommes ne sont pas des exceptions. Ils sont le symbole d’un système qui protège certains et écrase d’autres.
La littérature complice
Dans les années 1970-1980, des intellectuels ont osé écrire que la pédophilie était une « passion impossible », une « liberté ». Une liberté ? Pour qui ? Pour les enfants ? Non. Pour les prédateurs. []35
Aujourd’hui, des autrices comme Camille Kouchner (La Familia grande), Vanessa Springora (Le Consentement), ou Neige Sinno (Triste tigre) brisent le tabou. Elles sont nos héroïnes. Parce qu’elles osent dire ce que tant d’autres ont tu toute leur vie.
Les nourrices de l’Yonne : l’abandon organisé des filles
Une industrie de la honte
Au XIXe et au début du XXe siècle, l’Yonne était un vivier de nourrices « sur lieu ». Des femmes pauvres partaient allaiter les enfants des riches Parisiens, laissant leurs propres filles sous la coupe de leur mari, souvent violent, souvent abusif.
- Les mères parisiennes ne voulaient pas allaiter. Trop indigne, trop fatigant, trop « populaire ». Alors elles engageaient des nourrices de l’Yonne, du Morvan, de la Nièvre. Des femmes qu’on traitait comme du bétail. « La nourrice mercenaire est un reste de l’époque barbare et l’un des derniers vestiges de l’esclavage », a écrit le médecin Adolphe Pinard. Et les enfants de ces nourrices ? On s’en fichait. []40
- Les filles abandonnées : Pendant que leur mère nourrissait le bébé d’une bourgeoise parisienne, elles restaient au village, livrées à elles-mêmes, ou pire, à un père qui en profitait. On cachait les abus, on faisait semblant que tout allait bien. []43
Un héritage de douleur
Combien de filles de l’Yonne ont grandi sans leur mère ? Combien ont subi des violences, des abus, parce que personne ne les protégeait ?
Que faire ? Agir, maintenant !
Briser le silence
- Parler : Si vous êtes victime, vous n’êtes pas seul(e). Des associations comme La Voix de l’Enfant, Mouv’Enfants, ou la CIIVISE (Commission indépendante sur l’inceste) peuvent vous aider. Votre parole peut sauver d’autres enfants.
- Écouter : Si un enfant vous parle, croyez-le. Ne minimisez pas, ne détournez pas le regard. Un enfant qui ose parler, c’est un enfant qui a déjà trop souffert.
- Signaler : En France, le 3919 (violences femmes info) et le 119 (enfance en danger) sont des numéros gratuits. Un signalement, c’est peut-être une vie sauvée.
Exiger des changements
- Former les professionnels : Enseignants, soignants, éducateurs… Tous doivent savoir repérer les signes de maltraitance.
- Sensibiliser les enfants : Dès l’école primaire, parler de consentement, de respect du corps, de protection.
- Renforcer les lois : La proposition de loi pour l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs doit être adoptée urgemment. 20 ans de prescription, c’est 20 ans de trop. []6
Rendre hommage aux victimes
- Reconnaître officiellement le sort des enfants des nourrices de l’Yonne. Ils méritent une place dans notre mémoire collective.
- Soutenir les associations locales qui luttent contre les violences faites aux enfants. Elles ont besoin de nous.
- Encourager les témoignages : Plus on en parle, moins les prédateurs pourront agir.
Conclusion : Le devoir de rébellion
Nous ne pouvons plus nous contenter de dire « c’est horrible » et passer à autre chose. Nous devons nous révolter.
- Contre l’omerta, qui protège les bourreaux.
- Contre l’inceste, qui détruit des vies.
- Contre l’impunité, qui permet aux prédateurs de continuer.
- Contre l’indifférence, qui tue les victimes une seconde fois.
En Yonne, en France, partout dans le monde, des enfants souffrent en silence. À nous de briser ce silence.
« Ce n’est pas normal. Il ne faut pas s’arrêter sur ‘c’était une autre époque’. L’inceste, les violences, les abus, ça n’a jamais été normal. Et ça ne le sera jamais. » — Constance Bertrand, victime et combattante.
Alors, que faites-vous, vous, pour sauver les enfants ?
- Partagez cet article.
- Parlez-en autour de vous.
- Soutenez les associations.
- Signalez, dénoncez, agissez.
Parce qu’un enfant, ça n’a pas de prix. Et ça n’a pas de temps à perdre.
Sources : Sénat, Assemblée nationale, France Info, Radio France, Wikipedia, Kangourou Kids, France 3 Régions.
Pour aller plus loin :
- Lire La Familia grande de Camille Kouchner.
- Consulter les rapports de la CIIVISE (Commission indépendante sur l’inceste).
- Soutenir les associations La Voix de l’Enfant, Mouv’Enfants, Les Papillons (soutien aux victimes d’inceste).