Du viticulteur au vigneron

Un détour par le Petit Larousse : Le viticulteur cultive la vigne et confie la vinification de son raisin à une cave coopérative ou un négociant. Le vigneron produit son raisin et assure lui-même la vinification. Il est vitiviniculteur.

Dieu ! quel métier de galère,
Que d’être vigneron !
Toujours à gratter la terre,
En toutes les saisons !
J’aurais de l’argent
Comm’ des nobles
Et comm’ des barons,
On ne dirait pas qu’c’est un noble,
Mais un vigneron :
C’est un vigneron. dit la chanson populaire bourguignonne

Angélique Jacotey et Rénald Chambard, de viticulteurs … à vignerons.

L’AVENIR EN FACE

Cette fin d’été voit un hangar et un petit chai sortir de terre. Juspurple-grapes-553464__340qu’à présent, le couple vendait son raisin aux Caves de Bailly et au négoce. Désormais, le soin apporté à la culture de la vigne leur donne envie de vinifier par eux-mêmes la récolte, « car on ne sait pas si le produit exploité par quelqu’un d’autre est représentatif de notre travail, c’est un aboutissement, et un investissement pour nos enfants ». 

Ils connaissent les aléas, gel, grêle… L’orage du début du mois d’août a fait quelques dégâts sur certaines parcelles, les heures qu’on ne compte pas, la fatigue, « on est un peu fous, maisgrêle on aime ça »… Pour preuve, le fils aîné, Théo, a décidé de prendre la suite… et le petit Romi, qui goûte déjà comme un connaisseur les grumes à quelques jours de la vendange, précoce cette année, semble déjà bien sûr de lui. La jeune fille est plus hésitante, mais participe volontiers aux travaux domestiques de la maison lorsque sa maman la sollicite. Les grands-parents sont là aussi parfois, pour s’occuper des plus jeunes enfants lorsque les journées des parents sont particulièrement lourdes. 

Pleine d’optimisme, la famille semble décontractée, rit, plaisante, c’est sans doute une des recettes de sa réussite au milieu des charges de travail et financières… Angélique trouve même encore le temps de se consacrer à la vie de sa commune en étant conseillère municipale !

Mais pour en arriver là, il y a une histoire, toute une histoire …

Rien ne semblait destiner Angélique Jacotey à devenir exploitante individuelle en vignes et vergers lorsqu’elle naquit à Auxerre en 1972. Une vie de jeune fille à Monéteau, des études de comptabilité gestion sanctionnées par un bac professionnel et un BEP, la conduisent à uneCapture 1 profession de caissière et de vendeuse durant 10 ans. « Pourtant, je n’avais pas envie de rester dans un bureau », se souvient-elle, au moment du choix de l’orientation. « J’ai eu envie de faire de la photo, mais on m’en a dissuadée à cause de l’arrivée d’Internet et des boutiques de photographes qui fermaient les unes après les autres »…

A 17 ans, Angélique fait la connaissance de Rénald Chambard, d’un an son aîné. Lui qui espérait entrer au Centre de Formation de l’AJA a dû opter pour un troisième choix « obligé », la mécanique générale. Il obtient, après ses études au lycée Fourier d’Auxerre son BEP,Capture 2 travaille en entreprise comme ajusteur avant de partir un an à l’armée, puis revient « mettre les mains dans la ferraille », jusqu’en 2002.. débutant comme EOS 3 jusqu’à P 3.

Ils conviendront cependant, par la suite, que leur formation respective leur sera utile tant pour la gestion d’une entreprise que pour l’entretien d’un matériel agricole….

PREMIERS SOUVENIRS A COULANGES LA VINEUSE

Rénald, en revanche, se souvient avec bonheur d’accompagner son père, lorsqu’il était petit garçon sur les parcelles familiales du grand-père, vignes et vergers. « On va à la taille et à la fume », disait-il, « j’ai appris l’essentiel du travail avec lui et cela me plaisait beaucoup ». Il quitte ainsi la métallurgie et devient ouvrier viticole à Soleines pendant 2 ans, puis chez un viticulteur de Coulanges la Vineuse, avant de devenir « cotisant solidaire » sur sa propre exploitation locative.

Angélique, durant ces années, met deux enfants au monde, Théo en 1997, puis une petite fille, Vicky, en 2004. Le travail de la vigne et de l’arboriculture, le grand air, l’espace la séduisent… Alors qu’elle attend leur troisième enfant, le petit Romi qui naît en 2009, elle s’inscrit au Lycée Agricole de la Brosse et obtient en un an son bac professionnel régional d’exploitant agricole, cumulant la théorie, la pratique et la vie de famille !

Renald a hérité d’une parcelle de vigne – un des lots réparti équitablement entre quatre héritiers à tirer au sort dans un chapeau ! –  De son côté, Angélique se voit attribuer par la SAFER * une parcelle locative à Irancy, en tant que « jeune agricultrice hoCarte-des-appellations-viticoles-dans-l-Yonne-C-M.CRIVELLAROrs cadre » et démarre vraiment son exploitation avec la première taille des vignes en novembre 2009. (NDLR : bravo car cela est difficile pour « l’étranger » de s’implanter quand on est pas du cru )

Les premières vendanges en 2010, les agrandissements progressifs des surfaces de l’exploitation tant en vignes qu’en vergers sur Coulanges la Vineuse, Irancy et même 0,60 ha à Chablis, soit environ 8 ha actuellement en chablis, bourgogne Coulanges et Irancy…

*SAFER   Société d’Aménagement Foncier et d’Établissement Rural. Contribue au maintien et au développement de l’agriculture et de la forêt. A entre autres pour missions :

– de favoriser l’installation et la transmission des exploitations agricoles

– de contribuer au développement et à la restructuration du parcellaire des exploitations

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