Le cannabis, légalisation non.

Le cannabis le gouvernement opte pour l’amende aux usagers.

Le rapport visant à alléger les sanctions pour usage et détention de cannabis devait être présenté en commission des lois de l’Assemblée nationale mercredi 24 janvier.

C’est la mesure phare du rapport parlementaire transmis mercredi au gouvernement.joint-de-cannabis_slide_full Le ministre de l’Intérieur Gérard COLLOMB a annoncé que le gouvernement allait opter pour la mise à l’amende des consommateurs de cannabis avec, éventuellement, la possibilité de l’assortir de poursuites pénales et cela dans la droite ligne de la proposition du candidat MACRON .

On peut regretter qu’on ne parle pas de prévention.

Ceci pourrait paraître n’être qu’une demi mesure car on est en droit de douter de sa véritable portée alors que par ailleurs la vente de cannabis constitue une véritable industrie souterraine totalement inacceptable.

Si on peut admettre que la consommation du cannabis notamment chez les jeunes pose une question qui s’apparente à un aspect de santé publique, il faut considérer aussi qu’il s’agit aussi  «d’un problème de sécurité, de lien avec la délinquance dans les quartiers difficiles et de financement de réseaux occultes».

Que consomment les Français ?

Selon une étude de l’observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) de 2015, 17 millions de Français ont déjà fumé du cannabis au moins une fois dans leur vie.

Chez les jeunes, la France remporte la palme des plus grands consommateurs : selon un rapport de l’OMS, 29 % des garçons et 26% des filles du même age ont déjà expérimenté le cannabis, alors que la moyenne internationale stagne à 15 %.

En terme de précocité, la France se positionne 7eme sur la liste des 42 pays de l’étude.4% des filles, 6% des garçons déclarent avoir expérimenté le cannabis à 13 ans ou plus jeune.

Les effets du cannabis :

L’effet recherché par les consommateurs de cannabis peut être un échappatoire à leurs soucis, mais aussi la détente, l’euphorie et la désinhibition qu’ils peuvent procurer. On en consomme généralement pour « passer un bon moment entre amis », « chasser les idées noires », se détendre. Mais cette sensation a un prix, parfois élevé.

Cannabis non
N’oublions pas les victimes.

Fumer un joint par jour pendant 20 ans ne causerait rien de dommageable aux poumons, contrairement au tabac. C’est ce que montre une étude récemment publiée dans la revue Annals of the American Thoracic Society.

La belle affaire ! Aucun symptôme aux poumons, mais cela ne doit pas faire oublier ses potentiels dangers pour le cerveau, spécialement pour les jeunes pleine croissance. Le cannabis peut être  une véritable bombe à retardement chez certain ados. C’est ce que dit le Dr Jean Lavaud spécialiste en addictologie (CHU de Rouen).

Sur le long terme, les conséquences de la consommation de cannabis sont graves. Car l’un des premiers dangers du cannabis est la dépendance psychique.

Les conséquences sur les plans social et psychologique sont parfois très lourdes. Les effets psychiques avérés de la consommation de cannabis sont :

Cannabis danger
La légende est dans l’affiche.


- une diminution de la mémoire immédiate et de la concentration
- la perte de motivation (scolaire, sociale, physique…)
- l’anxiété, la panique et un terrain plus propice à la dépression.

Danger sur la route. On peut aussi craindre qu’une légalisation fasse oublier le fait que le cannabis est dangereux pour la conduite automobile.

Le cannabis est souvent associé à d’autres addictions, d’autres drogues, ou l’alcool. Par ailleurs, il se consomme généralement avec du tabac, produit dangereux s’il en est. Plus on a d’addictions, plus il est difficile de lutter contre elles.

Avantages de la dépénalisation du cannabis :

Le tarissement d’une économie souterraine. Si l’État se met à contrôler l’achat et la vente de cannabis, alors ce sera la fin d’une économie souterraine liée au trafic.

Moins de travail pour la police et la justice. Les affaires de trafic de stupéfiants, notamment les petites affaires, encombrent depuis des années les commissariats, les gendarmeries, les bureaux des douanes et les tribunaux. l Des rentrées d’argent pour l’État. Deux cent cinquante tonnes de cannabis sont consommées annuellement en France, et selon le ministre de l’Intérieur Manuel Valls, cela rapporte deux milliards d’euros aux voyous. Selon l’économiste Pierre Kopp, en cas de légalisation, l’État pourrait récupérer un milliard d’euros

cannabis non
Cannabis rentable pour les trafiquants

«Décriminalisation» des consommateurs. La grande majorité des consommateurs ne sera plus obligée de se ravitailler auprès de délinquants, et donc de se mettre parfois en danger ou d’enfreindre la loi en faisant pousser son propre cannabis.

Des produits de meilleure qualité. Si la vente est organisée et contrôlée par l’État, les produits ne seront pas trafiqués.

Une liberté individuelle. Le droit de consommer du cannabis, comme de l’alcool du tabac, pour le plaisir, peut-être aussi considéré comme une liberté individuelle.

Quel poids pèse le cannabis pour la justice française ?

Le 7 avril dernier, l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP) présentait dans une étude les limites de l’action de l’État en terme de répression des drogues. Si le cannabis est depuis longtemps la drogue la plus fréquemment impliquée dans ces affaires, sa part d’importance a néanmoins largement augmenté depuis 1990. Au détriment des trafiquants et revendeurs, ce sont les consommateurs qui sont arrêtés. À cause d’une certaine politique du chiffre, il y a un plus grand intérêt à faire de nombreux dossiers.cannabis lutte Les dossiers importants, fournis par des enquêtes longues, concentrés sur les trafiquants, ne sont pas privilégiés. C’est ainsi que les arrestations pour usage simple s’élèvent à 140.760 en 2010, mais sont presque 11,5 fois moins importantes lorsqu’il s’agit d’arrestations liées au trafic local.

Par conséquent, les tribunaux se noient sous les dossiers d’affaires liés aux drogues, trafic comme usage. En 2014, 58.406 condamnations ont été prononcées pour des infractions liées aux drogues selon le ministère de la justice : c’est près de 10% des dossiers.

La solution du moyen terme :

« Pourquoi pas dépénaliser le cannabis, mais avec une répression ciblée pour les ados« . C’est l’une des conclusions de Terra Nova qui a analysé trois scénarios : la dépénalisation de l’usage du cannabis, la légalisation dans le cadre d’un monopole public et la légalisation dans un cadre concurrentiel.

Cherchons l’éclairage du psychiatre Xavier Pommereau, spécialiste de l’adolescence en difficulté, directeur du pôle aquitain de l’adolescent au CHU de Bordeaux.

Donnez votre avis

Le sujet, complexe est un véritable enjeu sociétal. Nous vous invitons à  nous adresser un commentaire pour nous faire connaitre votre point de vue.

Une réflexion au sujet de « Le cannabis, légalisation non. »

  1. Cette économie souterraine provoque tant de violences dans les quartiers, l’état de droit n’est plus respecté et les habitants vivent dans la peur. Oui l’idée de faire disparaitre cette économie est séduisante mais rien n’est simple ! Les trafiquants risqueraient-ils alors augmenter les ventes de drogues dures ? Il y aurait quand même une vraie déstabilisation de ce milieu. Par ailleurs, je partage votre souci de nos jeunes, comment les protéger ? Ce que dit ce psychiatre est alarmant. Il faut des mesures très sérieuses d’interdiction du cannabis ( et autres drogues) pour les mineurs.
    Il faut aussi, j’en suis sure, que tous les adultes se sentent concernés par les jeunes qui doivent pouvoir trouver une vraie place dans notre société trop individualiste et si décevante pour beaucoup d’entre eux. Le mot « fraternité » ne doit pas être seulement au fronton des monuments…
    Cet article me fait évoluer dans ma réflexion… Que pensent les autres lecteurs?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *